Lassaad Ben Ahmed
03 Mai 2021•Mise à jour: 03 Mai 2021
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Quelque dix corps de civils ont été découverts à Kilya dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), où un groupe armé d’origine ougandaise est considéré comme responsable d’une salve de massacres depuis 2014.
Dans la localité de Kilya au cœur du territoire de Béni dans la province du Nord-Kivu, frontalière avec l’Ouganda, 10 corps au total ont été découverts par les autorités, lundi matin, a déclaré à l'Agence Anadolu, Willy Malikidogo, chef du secteur de Ruwenzori dont relève la localité de Kilya.
Certains de ces corps étaient déjà en état de décomposition, « ce qui nous laisse croire que le massacre est récent et a été perpétré par les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) », a-t-il ajouté.
Visés par des opérations de l’armée congolaise et des Casques bleus de l’ONU, ces rebelles opèrent désormais « discrètement dans des zones où l’armée est absente », indique le chef local, faisant état de tueries de 2 civils à Masenge et de 5 autres, lundi, deux jours après leur enlèvement.
Dans l’immense territoire de Beni, dominé par une forêt, les exactions des ADF tourmentent les autorités nationales depuis 7 ans.
Le président Félix Tshisekedi, au pouvoir depuis 2019, a exprimé l’espoir d’en finir rapidement avec les massacres, sur fond de promesses ayant provoqué une grogne dans la région.
Le Président a décrété, vendredi dernier, l’état de siège dans les provinces du Nord - Kivu et de l’ITURI où des groupes armés locaux et l’ADF sont impliqués dans des massacres.
L’imam représentant la communauté islamique à Beni cheikh Ali Amin, a été tué d'une balle dans la tête samedi soir en pleine prière à la mosquée. Les auteurs de son meurtre n’ont pas encore été identifiés, mais les autorités ont affirmé que de menaces « sérieuses » pesaient sur le prédicateur musulman.