Majdi Ismail
19 Mars 2022•Mise à jour: 19 Mars 2022
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Au moins 10 civils ont été tués, samedi, par des miliciens dans un village de la peignée de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), ont indiqué les autorités.
« Les combattants de la Coopérative pour le Développement du Congo (Codeco) ont investi, ce matin, le village Gudha, dans la chefferie de Ndo-Okebo en territoire de Djugu. Ils ont mis fin à la vie de dix civils à coups de machette », a déclaré à l’Agence Anadolu, Jean Dz'ba Banzu, chef coutumier de Ndo-Okebo.
Deux blessés sont « dans un état critique », a-t-il ajouté, indiquant qu’aucune présence des forces gouvernementales n’est signalée dans l’agglomération.
Un porte-parole de l’armée depuis la capitale Kinshasa, a confirmé les exactions tout en reconnaissant que le dispositif sécuritaire est confronté à une « insuffisance des hommes en uniforme » dans les zones en proie aux violences.
Les miliciens Codeco sont les principaux acteurs de la violence en Ituri, province riche en Or et frontalière avec l’Ouganda.
Ils ont pris en otage depuis le 16 février 8 émissaires du président Félix Tshisekedi, venus négocier un cessez-le-feu et leur reddition.
Pour libérer les otages, la milice a posé ses conditions incluant l’arrêt des opérations et l’amnistie pour les miliciens.
La veille de l’enlèvement des 8 émissaires, 18 civils avaient été tués au village Sciérie Abelkozo dans la même zone.
Née dans la fièvre des tensions entre des ethnies en Ituri, vers 2017, la milice Codeco, est accusée d’une salve de massacres dans la province de l’Ituri.
Ses victimes se comptent chaque année par centaines, selon l’ONU, par milliers, d’après la société civile.
La milice est accusée de massacrer essentiellement des membres des communautés Hema et Alur, mais prétend défendre la communauté Lendu.
L’Ituri est placé sous état de siège depuis la mi-2021 par le président Félix Tshisekedi, pour tenter d’enrayer la violence des groupes armés.
Cette mesure a consacré la gestion de la province, des territoires et son chef-lieu Bunia par des officiers supérieurs de l’armée et de la police. Elle n’a pas permis de réduire la violence dans la province.