Lassaad Ben Ahmed
25 Mars 2018•Mise à jour: 26 Mars 2018
AA / Bunia (RD Congo) / Pascal Mulegwa
Une vingtaine de personnes dont un soldat, des assaillants et des civils ont été tuées lors d’attaques, ce weekend, des miliciens contre plusieurs villages de Djugu, province de l’Ituri dans le Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris de sources concordantes.
"Nous avons tué treize assaillants dans les villages de Jemi et Penyi à Djugu la nuit du vendredi à samedi", a déclaré dimanche à Anadolu le lieutenant Jules Ngongo porte-parole de l’armée en Ituri, province congolaise frontalière avec l’Ouganda.
"Un soldat est tombé sur le champ de bataille et deux autres ont été blessés", a-t-il ajouté sans communiquer sur l’identité des assaillants qui étaient porteurs "d’armes blanches et des fusils d’assaut".
Avant de s’attaquer aux positions militaires, les assaillants avaient déjà incendié plusieurs maisons dans les villages, selon l’officier. Vendredi, des assaillants ont attaqué les villages de Dz'lo et Mbachulu.
"Ils y ont tué plusieurs personnes, mais nous avons fait un décompte de sept morts (…) les recherches se poursuivent pour tenter de voir si nous allons retrouver d’autres corps", a pour sa part déclaré à Anadolu Joël Lonema, chef de secteur de Walendu, où vit la communauté des agriculteurs Lendu.
Lendu est la communauté à laquelle appartiendrait les miliciens responsables de tueries ayant ciblé depuis mi-décembre des villages habités par des éleveurs Hema.
Une centaine de personnes ont déjà été tuées dans ces attaques et plus de 200 000 sont déplacées, alors que près de 60 000 autres se sont refugiées en Ouganda voisin, d’après des chiffres alarmistes de l’ONU et de l’Eglise catholique locale.
Après une saga meurtrière (pas moins de 5 000 morts d’après l’ONU) qui a ravagé la région du Kasaï (centre) entre l’été 2016 et 2017, l'Ituri est la dernière façade congolaise à sombrer dans l'effusion de sang depuis la fin théorique du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila le 19 décembre 2016.
Dans cette province, un différend foncier qui opposait Hema et Lendu avait dégénéré dans les années 2000 en massacres faisant plus de 60 000 morts (ONG) et 600 000 déplacés. Ces violences impliquant des groupes armés et milices avaient entrainé en 2003 l'intervention d’une force militaire européenne sous commandement français.
Plusieurs leaders de ces groupes armés ou milices ont été les premiers clients de la Cour pénale internationale (CPI) basée à la Haye.