Nigeria : un ingénieur invente un dispositif permettant aux voitures de fonctionner à l’eau
- « Mon rêve est de voir, à l’avenir, des voitures fonctionner à l’eau partout dans le pays », a déclaré Auwal Abubakar.

Kaduna
AA / Kaduna / Adam Abu Bashal
Auwal Abubakar, vivant dans l’État de Kaduna au Nigeria, a conçu un dispositif permettant aux véhicules de fonctionner à l’eau, en réponse à la hausse des prix des carburants dans le pays.
Diplômé en ingénierie de conception, Abubakar a développé par ses propres moyens un appareil semblable à un « générateur HHO (oxy-hydrogène) » qui transforme l’eau en gaz, permettant ainsi aux véhicules de fonctionner à l’eau.
Installé sur le moteur du véhicule, l’appareil convertit l’eau en gaz HHO par électrolyse. Le véhicule peut alors fonctionner entièrement à l’hydrogène ou utiliser ce gaz en complément du carburant, réduisant les coûts, prolongeant la durée de vie du moteur et diminuant les émissions.
Le dispositif développé par Abubakar est compatible avec les véhicules essence et diesel.
Le système améliore la performance du moteur, réduit les émissions et prolonge la durée de vie du moteur.
– Un rêve d’enfance transformé en technologie
Abubakar poursuit ses travaux dans son atelier de l’État de Kaduna et a expliqué à Anadolu ses ambitions et son invention.
Depuis son enfance, il s’intéressait à la création de nouvelles choses et son rêve d’enfant s’est transformé en technologie. Il a suivi des formations en codage et programmation, mais s’est formé dans le domaine du génie mécanique. À ce jour, il a conçu plusieurs machines, y compris une machine de transformation du plastique.
– Malgré de nombreux échecs, il n’a jamais abandonné
Abubakar a souligné que ses travaux étaient motivés par la hausse des prix des carburants et la pollution environnementale au Nigeria.
« Cet appareil transforme l’eau en gaz hydrogène et oxygène pour être utilisé dans les moteurs. Ainsi, les véhicules peuvent fonctionner entièrement à l’eau ou devenir plus efficaces en complément du carburant existant », a déclaré Auwal Abubakar.
Après environ huit mois de recherches et d’essais, il a mis au point ce dispositif, basé sur le principe de l’électrolyse de l’eau et semblable à un générateur HHO, destiné aux véhicules.
Il a précisé que le processus de développement du dispositif avait connu de nombreux échecs, mais qu’il n’avait jamais abandonné.
Il a également indiqué que tous les matériaux utilisés étaient locaux : « Le plus grand défi a été la sécurité. Travailler avec le gaz demande beaucoup de précautions, et je n’avais pas d’équipements de sécurité professionnels. Malgré cela, j’ai poursuivi mes travaux. »
Abubakar a précisé qu’un plein pouvait permettre de parcourir jusqu’à 1 500 kilomètres, offrant ainsi une alternative importante pour les conducteurs soucieux de leurs coûts.
– « Mon rêve est de voir des voitures fonctionner à l’eau partout »
Il a rappelé que les prix du gaz naturel et du charbon augmentaient parfois au Nigeria. Dans ses premiers prototypes, il avait développé des foyers fonctionnant avec de l’huile moteur usagée, suscitant un grand intérêt parmi les habitants de son quartier.
Avec la hausse des prix des carburants, il a donc recentré ses efforts sur le générateur HHO. « Aujourd’hui, le carburant est très cher. Mon véhicule fonctionne à l’eau et je ne dépense rien pour le carburant. Mon rêve est de voir, à l’avenir, des voitures fonctionner à l’eau partout dans le pays », a-t-il déclaré.
– Le Nigeria importe du carburant raffiné
Bien que le Nigeria soit l’un des plus grands producteurs de pétrole au monde et possède d’abondantes ressources souterraines, les prix du carburant restent un problème sérieux pour la population.
Faute d’une capacité de raffinage suffisante pour traiter ses produits pétroliers, le pays importe de grandes quantités de carburant raffiné.
Cette situation augmente les coûts et pèse particulièrement sur le secteur des transports.
L’augmentation des coûts de l’énergie et les problèmes environnementaux à travers l’Afrique rendent ainsi les solutions innovantes comme celle d’Abubakar encore plus précieuses.
* Traduit du turc par Seyma Erkul Dayanc