Hatem Kattou
06 Juin 2018•Mise à jour: 06 Juin 2018
AA/ Alger/ Abdel Razek Abdallah
Le ministre algérien des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, a réfuté, mercredi, des allégations qui prétendaient que l’Algérie avait fermé des églises.
Aïssa s’exprimait, en marge de la 15eme édition du Prix international du Saint Coran tenue à Alger, en réplique à une vague de critiques adressée à l’encontre des autorités algériennes pour avoir fermé des lieux de culte chrétiens.
"Les autorités ont fermé des établissements d'enseignement, des unités de logement ou encore des magasins que certaines associations avaient transformé de manière unilatérale en des lieux de culte. Il ne s’agit pas d’églises reconnues en vertu de la loi", a expliqué le ministre.
"La loi définit les conditions d'ouverture d'une église", souligne Aïssa affirmant que "l'Algérie est souveraine dans ses décisions en dépit des critiques qui lui sont adressées".
Des associations représentant les Chrétiens en Algérie ainsi que d'autres organisations internationales avaient annoncé, à la fin du mois de février, que les autorités avaient fermé des églises dans plusieurs provinces à savoir, Oran (Ouest), Tizi Ouzou (Centre), Béjaïa (Centre) et Ouargla (Sud).
Selon Aïssa, "la pratique d’un culte religieux est garantie par la Constitution et les lois de la République. Elle est soutenue et protégée par l'Etat".
La vie religieuse des non-musulmans en Algérie est régie par la Loi sur la pratique religieuse instituée en février 2006.
En effet, ladite loi dispose que la prière collective ne peut avoir lieu que dans un bâtiment désigné à cet effet et avec l'autorisation préalable du "Comité national des rites religieux".
Seules les organisations religieuses reconnues par la loi peuvent organiser une prière collective.
En vertu de la loi précitée, le prosélytisme religieux mené par des non-musulmans est passible d'une amende pouvant aller jusqu'à un million de dinars algériens (12 845 dollars) et de cinq ans d'emprisonnement.
Ladite loi avait suscité des critiques d’organisations chrétiennes et de défense des droits de l'Homme pour "avoir imposé des restrictions à la liberté de croyance".
Les autorités algériennes affirmaient, de leur côté, qu'elle (la loi) est venue mettre fin au chaos de l'activité religieuse et s'applique même aux musulmans qui représentent la majorité absolue de la population.