Afrique

Maroc: Un journaliste condamné à trois mois de prison ferme à Al-Hoceima

- Hamid Al-Mahdaoui, directeur du site Badil.info, a été jugé coupable d'"incitation à enfreindre la loi" et de "participation à l’organisation d’une manifestation interdite".

Hatem Kattou   | 25.07.2017
Maroc: Un journaliste condamné à trois mois de prison ferme à Al-Hoceima

Casablanca

AA/Desk

Le journaliste marocain Hamid El Mahdaoui a été condamné mardi par le tribunal de première instance d’Al Hoceima (Nord du Maroc) à trois mois de prison ferme et environ 1800 euros d'amende pour avoir « invité » des personnes à « participer à une manifestation interdite », ont rapporté des médias marocains.

Après une audience ayant durée près de quinze heures, le rédacteur du site badil.info arrêté le 20 juillet dernier en marge de la grande manifestation réprimée d’Al Hoceima, a écopé de cette sentence, révèle le site d'information qu'il dirige. Il pourra néanmoins interjeter appel de cette décision.

Hamid El Mahdaoui a été arrêté par les autorités marocaines alors qu’il se trouvait dans sa voiture le jour de la manifestation interdite d’El Hoceima qui s'était quand même tenue avant d'être durement réprimée par les forces de l'ordre.

Lors de sa garde à vue, le journaliste a assuré aux autorités être venu sur place « pour couvrir la manifestation » tandis que le Procureur général du Roi a affirmé dans un communiqué publié le soir de la manifestation avoir été informé « par les services de la police judiciaire» que Hamid El Mahdaoui a « pris la parole à la Place Mohammed VI au milieu d’un groupe d’individus, les incitant à sortir manifester malgré la décision d’interdiction émise par les autorités compétentes ».

D'après le même document dont Anadolu a reçu copie, le rédacteur en chef aurait « dépassé son travail de journaliste ». C'est pourquoi El Mahdaoui a été condamné en vertu du code pénal et non du code de la presse malgré sa possession d'une carte de presse, selon des sources juridiques.

A ces accusations, Hamid El Mahdaoui, ne niant pas sa participation à la manifestation prohibée par les autorités a répondu que : "le journaliste doit appeler au développement du pays et à éclairer l’opinion publique", avait rapporté le site marocain "la dépêche".

- RSF accuse les autorités «d’entraver» la couverture des évènements

Samedi dernier, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) avait dénoncé dans un communiqué l’arrestation du journaliste et accusé les autorités marocaines « d’entraver » la couverture des manifestations du mouvement contestataire rifain.

« En mélangeant tribune et journalisme, et parfois moqué de la presse traditionnelle, tous sont unanimes à dénoncer l’absurdité de son arrestation », écrivait Reporters sans frontières (RSF) pour la défense d’Hamid El Mahdaoui.

Prévue de longue date, la manifestation d’Al Hoceima annoncée comme la «marche du million» avait pour objectif, à l'origine, de dénoncer la marginalisation de la région du Rif (Nord du Maroc). Toutefois à la suite de l’arrestation du leader de la contestation Nasser Zefzafi ainsi que de plus de 150 de ses partisans, accusés d'«atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat», la principale revendication est devenue la libération des prisonniers.

De nombreux affrontements ont éclaté lors de cette manifestation interdite faisant des centaines de blessés, selon un bilan établi auprès de sources policières et médicales.

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
A Lire Aussi
Bu haberi paylaşın