Afrique

Mali : Une soixantaine de partis politiques annoncent le boycott des Assises nationales sur la refondation de l'Etat

- Pour l'absence d'un cadre formel de concertation avec le gouvernement

Fatma Bendhaou   | 15.09.2021
Mali : Une soixantaine de partis politiques annoncent le boycott des Assises nationales sur la refondation de l'Etat

Mali

AA/Bamako/Amarana Maiga

Les partis et regroupements de partis politiques pour une transition réussie au Mali ont décidé de boycotter la tenue des Assises nationales sur la refondation de l'Etat prévue de septembre courant à février 2022.

La coalition composée d'une soixantaine de partis politiques explique cette décision par l'absence d'un cadre formel de concertation entre les partis politiques et le gouvernement autour de la conduite de la transition politique ajoutant qu'elle « n'est ni inclusive ni participative ».

« Constatant la convergence des points de vue des principales forces politiques sur le respect de la durée de 18 mois de la transition et l'organisation des élections présidentielle et législatives le 27 février 2022, la coalition décide de sa non-participation à l'organisation des Assises nationales » a déclaré Bocary Treta de l'Alliance ''Ensemble pour le Mali''.

Bocary Treta a en outre, annoncé que le boycott des Assises entre en vigueur « si malgré tout, le gouvernement décidait de maintenir les réformes dans les conditions annoncées lors de la présentation du Plan d'action du gouvernement devant le Conseil national de Transition ».

La Primature a déclaré que les réformes envisagées par le gouvernement de Transition vont au-delà des aspects cosmétiques et ne se limitent pas au seul besoin de relecture des textes fondamentaux de la République. « Elles concernent tous les fondements de notre société et tous les secteurs : armée, école, santé, foncier, gouvernance, lutte contre la corruption et l’impunité, etc. Leur finalité est de repositionner le Mali sur une dynamique vertueuse, à travers des institutions fortes et légitimes à même d’assurer sa stabilité durable », explique-t-on.

Selon le gouvernement, le besoin de réforme est une quête vieille d’au moins deux décennies, mais la réforme reste une aspiration encore inaboutie faute de volonté et de courage politiques.

Manga Dembélé, le responsable communication de la Primature, explique que les Assises nationales de la refondation visent à faire un diagnostic sans complaisance de l’état de la nation, à partir de la gravité et de la profondeur de la crise multidimensionnelle, des enjeux, défis et périls. « Il ne s’agit pas d’un forum institutionnel comme ce fut très souvent le cas dans notre pays. Prendront part aux rencontres les syndicats, les femmes, les jeunes, le monde rural, le monde des affaires, les organisations de la société civile, le monde culturel, les universitaires, les religieux, les confréries traditionnelles, les chefferies traditionnelles, les personnes vivant avec un handicap, les chambres des métiers et les chambres consulaires », précise-t-il.

Pour sa part, le Président de la Transition le colonel Assimi Goïta a indiqué que ''c'est le moment de mettre de l'ordre dans le pays” ajoutant qu'il s'agit '' de refonder l'homme malien''. « Aujourd'hui, quand vous regardez toutes ces corruptions, c'est passé par l'homme, planifié par l'homme et mis en œuvre par l'homme. Donc il faut des hommes et des femmes engagés, capables d'arrêter cet animal féroce qui est la corruption », a déclaré le Chef de l'Etat. Goïta s'exprimait, mardi, devant le Conseil supérieur de la magistrature au Palais Présidentiel de Koulouba.

Les partis et regroupements de partis politiques, ont en outre rejeté la mise en place de l'Organe unique de gestion des élections préconisé par le gouvernement de Transition et déclarent le Premier ministre seul responsable pour tout dérapage éventuel relatif au respect de la durée de la transition.

Pour rappel, Goodluck Jonathan médiateur de la Communauté Économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui a séjourné du 5 au 7 septembre courant à Bamako, a appelé les autorités de la transition à tenir les élections en février 2022. L'ancien Président nigérian a, en outre, indiqué ''qu'il n'était pas opportun de tenir des réformes institutionnelles et politiques pendant la transition''.

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