Lassaad Ben Ahmed
29 Avril 2018•Mise à jour: 29 Avril 2018
AA / Bamako / Moussa Bolly
Le Mouvement pour le Salut de l’Azawad (MSA) a confirmé dimanche, dans un communiqué, qu’une quarantaine de civils, dont des personnes âgées et des enfants, ont été tuées par des individus armés à Aklas ainsi qu'à Wakassa, des localités situées près de la frontière avec le Niger.
Le MSA a condamné cette attaque qu’il a attribuée à des «hordes de malfrats armés» dans la région. Selon des sources militaires concordantes, les affrontements sont fréquents dans cette zone entre des présumés terroristes et deux groupes Touaregs, le Gatia et le MSA, tous les deux signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation.
Selon Mohamed Ag Albachar, chargé de communication au MSA, les 26 et 27 avril derniers, «une horde de bandits armés» sur des motos, a fait irruption dans des campements à Aklaz et Wakassa, près de la ville d’Anderamboukane.
«Ils ont ouvert le feu sur les civils tuant plus de 40 personnes», précise la même source.
Parmi les victimes, toutes de sexe masculin, on dénombre des enfants et des personnes âgées. «Il y a eu pas moins de 43 tués dans les deux localités», a déclaré Mohamed Ag Albachar.
«Les populations ciblées sont uniquement de la communauté Daoussahk», poursuit la même source.
«Ces criminels sévissent dans la zone frontalière depuis des années. Malheureusement ils ne peuvent que s'en prendre aux populations civiles», a déploré le porte-parole du MSA.
Après avoir condamné avec la plus grande fermeté, «ces attaques perpétrées par des criminels contre des populations civiles», le MSA a réaffirmé sa détermination à poursuivre sa lutte contre le terrorisme dans la zone.
A noter que l’Association malienne de défense des droits de l’Homme (AMDH) a également condamné l’acte et a demandé aux autorités d’ouvrir une enquête pour déterminer les responsabilités.
«A ce stade, nous sommes en train de mener des enquêtes à travers nos représentants qui sont dans la région. Mais, déjà, nous condamnons fermement ces attaques qui constituent des graves violations des droits de l’homme », a confié ce matin à Studio Tamani (radio indépendante), Drissa Traoré, coordinateur du projet conjoint AMDH/FIDH.
«Nous demandons aux autorités maliennes de mener des enquêtes pour faire la lumière sur ces attaques afin de situer les responsabilités et de poursuivre les auteurs et les condamner», a-t-souhaité.
Ces faits interviennent, ont rappelé des observateurs, alors que la Minusma avait récemment accusé la coalition MSA-GATIA «d’exécutions sommaires» sur des civils lors des opérations antiterroristes.
Selon le gouverneur de la région de Ménaka, Daouda Maïga joint par Studio Tamani, «l’objectif des présumés jihadistes est de mettre les communautés dos-à-dos… L’heure doit être à la vigilance et à l’union sacrée contre ceux qui veulent nous éloigner de la paix», a-t-il appelé.