Esma Ben Said
19 Avril 2018•Mise à jour: 20 Avril 2018
AA/France/Fawzia Azzouz
L'attaque perpétrée samedi dernier contre la base de Tombouctou (nord du Mali) de la mission onusienne au Mali (MINUSMA) et qui a causé la mort d'un Casque bleu, porte à 8, le nombre de Casque bleus tués dans le pays depuis le début de l'année d'après un décompte effectué par Anadolu.
Depuis le début de la Mission multidimensionnelle intégrée des nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) déployée en juillet 2013, ce sont plus de 150 Casques bleus qui ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions.
Le décompte pour l'année 2018, a débuté le 28 février dernier lorsque 4 Casques bleus ont trouvé la mort et 4 autres ont été grièvement blessés dans l’explosion d’un engin explosif improvisé au passage de leur véhicule, dans le centre du Mali.
Une source sécuritaire malienne basée à Mopti attribue cette attaque aux extrémistes affiliés de la coalition terroriste JNIM (Jamaât Nasrat al-Islam wal-Muslimine) dirigée par Iyad. Ce groupe est particulièrement actif dans le Nord, le Centre du Mali et touche le Burkina Faso et le Niger. Selon l'ONU, les victimes étaient des Casques bleus bangladais présents au Mali.
Le vendredi 6 avril, un Casque bleu de la force onusienne a été tué à Gao, dans le Nord du Mali, par des individus armés. L’officier a été mortellement touché lorsque son véhicule circulant dans la ville a été mitraillé à l’arme automatique par deux individus non identifiés. Dans un communiqué officiel, le chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif, s’était dit « outré que l'on s'en prenne une fois de plus à des soldats de la paix. »
La veille déjà, deux Casques bleus avaient été abattus dans une attaque sur le camp de la mission de l'ONU à Aguelhok dans le nord-est du pays. Selon une source militaire, un attroupement suspect avait été repéré à l'endroit d'où étaient partis les tirs.
Enfin la dernière attaque mortelle ayant touché des militaires onusiens, remonte au 14 avril dernier. Un Casque bleu a été tué et une douzaines d'autres ont été blessés. Une base de la Mission de l'ONU au Mali a été visée samedi dernier vers 15h30 (heure locale) par une dizaine de tirs de roquettes dans la ville de Tombouctou.
Sur son compte Twitter, le chef du département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix avait réagi en écrivant « Je déplore la mort d'un Casque bleu et plusieurs blessés suite à une attaque contre @UN_MINUSMA à #Tombouctou #Mali selon rapports préliminaires. Toutes mes condoléances et mon entier soutien aux collègues. Notre détermination à soutenir la paix au #Mali reste inébranlable ».
Forte d’au moins 12 500 militaires et policiers, la MINUSMA est la mission de maintien de la paix de l’ONU la plus coûteuse en vies humaines. Depuis son déploiement en Juillet 2013, elle a déjà perdu plus de 150 Casques bleus dont près d'une centaine dans des attaques volontaires à relents terroristes.
Depuis mars-avril 2012, le Mali est la proie de nombreux groupes terroristes liés à Al-Qaïda et qui mènent régulièrement des actions terroristes sur le territoire national. C’est en réaction à cette escalade meurtrière qu’en 2013, les opérations militaires ont été installées sur place sous l’impulsion de la France. Sous le nom d'« opération Serval » jusqu’en juillet 2014, la présence militaire française a ensuite pris le nom de « opération Barkhane » dans la poursuite de la lutte contre le terrorisme au Sahel.
La France reste l’un des principaux acteurs de la lutte contre le terrorisme avec notamment son implication auprès du G5 Sahel.
Pour lutter plus efficacement contre la menace terroriste installée dans la région et plus particulièrement ancrée au Mali, le G5 Sahel a pour objectif de mobiliser 5000 hommes d'ici mi-2018.
Le coût total du lancement des opérations est estimé à 450 millions d'euros. Pour l'instant, les pays alliés ont contribué au financement à hauteur de 350 millions d'euros après que l'Union Européenne a annoncé allouer une enveloppe de 50 millions d'euros supplémentaires au montant initialement prévu.
Les 5 pays fondateurs (Mali, Mauritanie, Burkina-Faso, Niger et Tchad) doivent contribuer au financement de la force à hauteur de 10 millions d'euros chacun tandis que la France a promis 8 millions d'euros en matériels. Les Etats-Unis ont de leur côté alloué 49 millions d'euros à l'initiative.