Esma Ben Said
16 Août 2017•Mise à jour: 17 Août 2017
AA/Bamako/Moussa Bolly
Le président Ibrahim Boubacar Kéita a accepté de «surseoir» au projet de révision constitutionnelle pour continuer les concertations afin d’aboutir à un large consensus autour de cette initiative présidentielle, révèle un communiqué transmis mercredi à Anadolu.
Cette décision a été prise à la suite d'une rencontre entre la médiation constituée de chefs traditionnels et religieux, et la Plateforme «Antè A Bana- Touche Pas à ma Constitution» (société civile et parti politiques opposés au référendum).
«A l'issue de leur rencontre, le samedi 12 août 2017, les familles fondatrices de Bamako et les leaders religieux ont demandé au président de la République de surseoir au projet de révision constitutionnelle et de continuer les concertations afin d'obtenir un consensus. Le Président de la République a accepté ces deux doléances», indique le communiqué de la Médiation.
En outre, les familles fondatrices de Bamako et les leaders religieux ont demandé à la plateforme de surseoir à sa marche prévue ce mercredi, à l’expiration de l’ultimatum fixé au président de la République pour retirer son projet de révision constitutionnelle avant le 15 août 2017.
A l'issue de l'assemblée générale tenue mardi, cette alliance des Forces vives de la nation a finalement «accepté de surseoir à cette marche par respect pour ces autorités morales et spirituelles».
La Plateforme a ainsi annoncé dans un communiqué le report de sa «marche citoyenne et populaire» du 16 août 2017, «pour exiger la mise en accusation devant la Haute Cour de Justice de Monsieur Ibrahim Boubacar Keita pour haute trahison», précise le communiqué.
Ce mouvement de protestation est reporté au samedi 19 août 2017 précise-t-elle, ajoute-t-elle en espérant que ce délai «permettre d'obtenir du président de la République l'abandon du projet de révision constitutionnelle et une adresse solennelle à la nation dans ce sens».
«La Plateforme prend à témoin l'ensemble du Peuple malien par rapport aux efforts fournis par ses membres pour obtenir une issue dans le cadre du dialogue et de la médiation de nos chefs coutumiers de Bamako et nos leaders religieux», a-t-elle souligné dans son communiqué.
Pour rappel, depuis le 11 juin 2017, date de sa création, la Plateforme «Antè A, Touche pas ma Constitution» lutte pour le retrait pur et simple du texte en sa forme actuelle et l’ouverture d’une large concertation des Forces Vives de la nation en vue d’aboutir à l’adoption d’un texte consensuel.
C’est ainsi qu’elle a organisé 4 grandes activités (marche du 17 juin 2017, meeting du 1er juillet 2017, marche du 15 juillet 2017, meeting du 03 août dernier) pour la satisfaction de ses doléances.
Elle dénonce la violation de l’article 118 de la Constitution en vigueur qui n’autorise pas une révision de la loi fondamentale alors que le pays ne jouit pas de son entière intégrité territoriale (en raison de la situation dans le Nord du pays, où l'administration est absente).
La plateforme estime également que cette révision renforce les pouvoirs du président de la République.