Nadia Chahed
14 Mars 2018•Mise à jour: 15 Mars 2018
AA/Bamako/ Moussa Bolly
Une vingtaine de personnes ont trouvé la mort dans des affrontements inter-communautaires survenus du 9 au 13 mars dans la région de Mopti, dans le Centre du Mali, a appris Anadolu mercredi de sources locales concordantes.
Des affrontements ont opposé mardi des chasseurs traditionnels et cultivateurs dogons à des éleveurs peuls à une trentaine de km de Kouakourou, dans la région de Mopti, ont rapporté à Anadolu des témoins oculaires.
Les affrontements entre les deux communautés rivales se sont soldés par plusieurs morts, selon les même sources.
Vendredi 9 mars 2018, des heurts similaires avaient causé la mort d’une dizaine de personnes et d’importants dégâts matériels dans le cercle de Koro (Mopti), selon des sources sécuritaires et administratives locales.
Ces affrontements ont été déclenchés par l’attaque, par des éleveurs Peuls, de deux villages (Sabérré-Darrah et Diankabou) habités par des Dogons, ont expliqué à Anadolu des sources locales. Ce à quoi les chasseurs Dogons ont répliqué en attaquant et en incendiant le village peulh de Madougou, dans la matinée du dimanche 11 mars dernier.
Le Préfet de Koro a organisé dans la matinée de lundi dernier (12 mars), une rencontre avec les deux communautés et les forces de sécurité.
Le même jour, de violents heurts ont opposé les deux communautés rivales à Kewa, dans le cercle de Djenné (région de Mopti). Des sources sécuritaires ont fait état d’un bilan provisoire de 10 morts (8 Dogons et 2 éleveurs Peul) et plusieurs blessés.
En juin 2017, des affrontements entre Peuls et Dogons ont fait plus de 30 morts et plusieurs blessés dans le village de Douna, cercle de Koro (Mopti).
Interrogé quant aux motivations de ces affrontements inter-communautaires à répétition, Abdourhamane Dicko, membre de la société civile du Centre et du Nord, a indiqué que "ces conflits se nourrissent du cumul de frustrations des populations face à des conditions sociales précaires" .
Il a également évoqué "des conflits mal ou non résolus par la justice ou les mécanismes alternatifs de règlement des conflits depuis plusieurs décennies laissant la place à la vengeance et aux règlements de compte, rendus possibles par la possession et la circulation illicites des armes.".
Dicko estime, à ce propos, que le gouvernement doit conduire des investigations en vue de cerner d'éventuelles parties extérieures qui seraient impliquées dans ces violences inter-communautaires, notant que cette situation conflictuelle offre un terrain favorable à la violence armée et au terrorisme.