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Mali/ Bounty : «Des investigations sont en cours pour déterminer l'origine des frappes aériennes»

- Selon les déclarations d'une source au ministère malien de la Défense à Anadolu

Fatma Bendhaou   | 07.01.2021
Mali/ Bounty : «Des investigations sont en cours pour déterminer l'origine des frappes aériennes»

Mali

AA/ Bamako/ Moussa Bolly

Les autorités maliennes mènent des investigations pour déterminer les responsabilités dans la mort de dizaines de personnes dans une attaque aérienne dans le village Bounty (Douentza, centre du Mali), dans la nuit de dimanche à lundi derniers, a appris Anadolu de source sécuritaire.

«Des investigations sont en cours pour déterminer l'origine de ces frappes aériennes», a confié à Anadolu une source au ministère malien de la Défense et des Anciens combattants, sous couvert de l'anonymat.
Mais, cette assurance ne répond pas aux nombreuses questions que les Maliens continuent de se poser sur ce qui s’est réellement passé dans cette zone où au moins une vingtaine de civils ( une centaine selon d'autres versions) ont été tués par des tirs aériens.


Quel est le nombre exact des victimes ? Qui sont ces victimes ? Est-ce une bavure ? Autant de questions que des Maliens se posent encore, surtout sur les réseaux sociaux, ne comprenant pas le silence du gouvernement.

Dans un communiqué publié hier mercredi, le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) a dénoncé le «silence du gouvernement» alors que «des versions contradictoires» circulent sur ces événements.

Le M5-RFP a rappelé au gouvernement son «impérieux devoir» de fournir aux Maliens toutes les «informations nécessaires et crédibles» sur la situation nationale, mais aussi d’assurer «la protection des populations sur toute l’étendue du territoire».

«Quelle que soit la situation, il faut dire la vérité aux Maliens», a souhaité Issa Dabo, un enseignant à la retraite. Un avis largement partagé ce matin par nos interlocuteurs.

«L’Etat est dans l’obligation de conduire une enquête rapide, indépendante et impartiale et de publier les résultats», a souligné Séga Diarrah, un activiste, sur son compte Twitter.

«Il est vrai que le silence des autorités maliennes peut surprendre voire déranger plus d’un. Mais, je suis sûr que le gouvernement fera un communiqué après de sérieuses investigations. C’est une question sensible qui exige d’avoir toutes les informations en main avant de communiquer. Ayons donc la patience d’attendre», a conseillé Fousseynou Ouattara, un intellectuel engagé au sein de diverses organisations de la société civile. «Nous sommes en guerre, donc dans une bataille de communication" , a-t-il rappelé.

«Il est du devoir des autorités maliennes, avec l’aide de la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali ), de faire une enquête pour établir la vérité sur ce qui s’est passé réellement dans cette zone. Les populations ont droit de savoir ce qui s’est passé», a exigé Tou Sangaré, une activiste malienne proche du M5-RFP.

«A Bounty, le sangs a été versé, les larmes ont coulé, le peuple veut une explication et des têtes doivent tomber. L’autorité se manifeste et s’impose d’abord et avant tout par le langage : celle du juge parce qu’il dit la loi ; celle du chef parce qu’il est porteur d’une parole charismatique et s'assume…», a déploré Ras Kébé activiste et animateur de web-radio.

Il faut rappeler que des avions non identifiés (des hélicoptères selon certains témoins) ont bombardé les villages peuls de Bounty et Kikara (cercle Douentza/Mopti), dans le centre du Mali, dans la nuit du dimanche à lundi.

Dans un communiqué publié hier, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) a reconnu avoir aidé les populations et les autorités locales à transporter huit blessés graves au Centre de santé de référence (CsRef) de Douentza et que «les patients présentent des blessures par balles et des lésions dues à des explosions».

Mardi dernier, la force française Barkhane a indiqué avoir «neutralisé plusieurs dizaines de terroristes dimanche dans une opération, non loin du village de Bounty». Mais, l'état-major français a réfuté «les accusations de bavure dans le bombardement d'une célébration de mariage» dans ce même village peul du cercle de Douentza.

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