Nadia Chahed
11 Mars 2017•Mise à jour: 12 Mars 2017
AA/Bamako/Moussa Bolly
L'installation des autorités intérimaires, tel que prévu par l'accord de paix inter-malien, n'a toujours pas eu lieu samedi à Tombouctou.
Derrière ce blocage qui persiste depuis plus d'une semaine, le rejet par des mouvements armés locaux, et en particulier le Congrès pour la justice dans l’Azawad (CJA) et les deux Mouvements arabes de l’Azawad (MAA), des autorités intérimaires, initialement désignées. Celles-ci ne répondant selon ces groupes contestataires à aucun consensus.
Reportée à deux reprises, vendredi (3 mars) et lundi (6 mars), l'installation des Autorités intérimaires a encore buté hier, vendredi, face à la persistance des tensions, ont rapporté des sources locales à Anadolu.
Cependant et en dépit du blocage, les prémices d'un apaisement de la situation étaient visibles vendredi en fin de journée après la libération des check-points militaires, occupés depuis dimanche dernier, par les hommes du CJA.
Selon des sources militaires et les médias locaux, les groupes armés ont libéré sans violence les check-points qui ont été remis aux Forces armées maliennes, sous la supervision de la Minusma.
«Cette initiative salvatrice, est le fruit d'une concertation entre les autorités administratives de Taoudéni ( Nord) et les groupes contestataires », a précisé Yéhia Tandina, correspondant de la télévision nationale à Tombouctou.
Bien qu'il a consenti à céder les check-points, le CJA maintient sa pression militaire sur la ville. Le groupe a, notamment, annoncé, vendredi soir, sur les réseaux sociaux qu’il continuera à envoyer des hommes et des véhicules aux portes de la ville pour s’opposer à l’installation des autorités intérimaires..
«Nous ne sommes pas dans un schéma de violence. Sauf si on y est obligé», a assuré Azarock Ag Inaborchad, porte parole du CJA, dans une déclaration à la presse.
Interrogé par Anadolu, un conseiller au ministère de la Réconciliation nationale, a indiqué que "la rencontre tenue vendredi après-midi avec des mouvements armés a échoué", précisant que "le CJA exige un remaniement des autorités intérimaires pour que ces éléments y soient intégrés aussi bien à Tombouctou qu'à Taoudéni".
Un point sur lequel le gouvernement central refuse de céder au risque d'ouvrir une "brèche dangereuse pour d’autres contestations, y compris dans les régions où les autorités intérimaires ont déjà été investies (Kidal, Gao et Ménaka)", ajouté la même source sous couvert de l'anonymat.
Le CJA a été crée en octobre 2016 par des dissidents du Mouvement national de Libération de l'Azawad ( MNLA) et du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) . Ni lui ni le MAA ne sont signataires de l'accord de paix d'Alger ( juin 2015).