Nadia Chahed
29 Juin 2017•Mise à jour: 30 Juin 2017
AA/Tunis
Le président français, Emmanuel Macron, se rend dimanche à Bamako où il participera au sommet du G5 Sahel et assistera au lancement de la force régionale conjointe de lutte contre le terrorisme, a annoncé jeudi l'Elysée.
Selon un communiqué de la présidence française relayé par le site malien "aBamako.com", Macron annoncera à l'occasion "un effort de la France pour soutenir la force conjointe des cinq pays ( Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad) contre le terrorisme".
"Le sommet du 2 juillet marquera une nouvelle étape avec le lancement effectif de cette force conjointe, qui pourra poursuivre les groupes terroristes de l'autre côté des frontières", précise l’Elysée, ajoutant que "Pour ce coup d'envoi, la force Barkhane (opération française lancée en 2014 pour combattre les groupes armés terroristes dans le Sahel-ndlr) va amplifier son soutien, aider à installer des centres de commandement et systématiser les opérations coup de poing".
Toujours selon l’Elysée, Emmanuel Macron annoncera dimanche les modalités exactes de ce soutien, qui consistera surtout en équipements, mais pas en troupes supplémentaires pour Barkhane.
La France espère surtout par cette visite déclencher "une dynamique internationale" pour "élargir le champ des soutiens", souligne la présidence française, précisant qu'elle compte notamment sur l'Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique, et espère aussi un "soutien concret" des Etats-Unis.
"Nous ferons ce qu'il faut pour que cette force soit opérationnelle sur le terrain vers le début de l'automne. A ce moment là nous pourrons concrétiser les financements européens et vers la fin d'année ou le début de l'an prochain nous souhaitons que d'autres puissent intervenir", poursuit l'Elysée.
Les cinq pays du G5 Sahel avaient décidé dans un premier sommet en février le principe de la création d'une force transfrontalière d'environ 3.750 hommes, rappelle la même source, notant que la force a depuis reçu plusieurs soutiens internationaux dont celui de l'Union africaine, de l'Union européenne qui a promis de débloquer 50 millions et cette semaine des Nations Unies.
La nouvelle force conjointe s'ajoutera à la force française Barkhane et à la mission onusiennes déjà déployés dans la région.
Outre le lancement de la force du G5, redynamiser l'accord de paix malien qui "a tendance à s'enliser" en impliquant les autres Etats du G5 Sahel dans le suivi de sa mise en oeuvre, figure également sur les priorités de Macron lors de cette visite.
Les groupes terroristes liés à Al-Qaïda qui avaient pris, en 2012, le contrôle de larges pans du territoire Nord malien, ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France.
Cependant des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières.