Nadia Chahed
12 Décembre 2016•Mise à jour: 12 Décembre 2016
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
L'Union européenne (UE) a adopté, lundi, des mesures restrictives contre sept responsables congolais "impliqués" dans les dernières violences commises à l'égard de manifestants, a annoncé le Conseil européen dans un communiqué.
"Les violences qui ont causé la mort d'au moins cinquante personnes les 19 et 20 septembre à Kinshasa constituent de graves violations des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, attestées par plusieurs observateurs y compris le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l'Homme", rappelle le communiqué.
Partant de ce constat, le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, réuni lundi, a pris la décision "d'imposer des mesures restrictives en matière de déplacements et un gel des avoirs à l'égard de sept individus qui occupent des positions de responsabilité dans la chaîne de commandement des forces de sécurité congolaises qui ont fait un usage disproportionné de la force", rapporte la même source.
L'Union européenne a en outre appelé gouvernement de la RDC à coopérer à une enquête transparente et indépendante ayant pour objectif de traduire en justice les responsables des violences.
Se disant "gravement préoccupée" par la situation politique en République Démocratique du Congo (RDC), l'UE a souligné que "le 19 décembre, date qui marque l'échéance constitutionnelle du mandat du président Kabila, reste entourée d'incertitudes et de risques, après les récents épisodes de répression et de violations des droits fondamentaux".
Elle estime qu' "un nouveau gouvernement allant au-delà de cette date doit fonder sa légitimité sur un cadre politique défini de manière claire et inclusive, faute de quoi les relations avec l'Union européenne en seraient affectées".
L'Union européenne rappelle, enfin, qu'elle a soutenu toutes les initiatives visant l'apaisement des tension en RDC notamment "la médiation en cours des évêques catholiques de la RDC", appelant tous les acteurs politiques tant du côté du gouvernement que de l'opposition à entendre leur appel à la responsabilité et à la bonne volonté, et à se saisir pleinement de leurs bons offices.
En vue de l'échéance du 19 décembre, l'Union européenne appelle donc les Congolais à faire preuve de retenue et à privilégier la voie du dialogue en récusant toute violence.