L'opération "Rameau d'olivier" vue d'Afrique
Esma Ben Said
31 Mars 2018•Mise à jour: 31 Mars 2018
FranceAA/N'Djamena/Mahamat Ramadane
Après une première opération baptisée « Bouclier de l’Euphrate », qui s’est déroulée d'août 2016 à mars 2017, la Turquie a lancé le 20 janvier 2018 celle du « Rameau d’olivier » sur le territoire syrien, dont le but était de contenir les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition arabo-kurde dominée par le YPG kurde, et d’empêcher la formation d’un corridor terroriste à sa frontière.
Un objectif atteint le 18 mars 2017 avec la libération et la sécurisation, par les Forces armées turques, de la ville d’Afrin, centre de la région éponyme, occupée depuis 2012 par les terroristes du YPG/PKK, qui semaient la terreur sur le territoire.
Comme le reste du monde, les Africains ont suivi de loin l’évolution de l’opération « Rameau d’olivier » et ont été témoins des mesures prises par l’armée turque pour épargner et protéger les civils des combats, malgré le fait que les terroristes du YPG/PKK aient utilisé des enfants et des femmes comme boucliers humains.
« Le combat contre les terroristes est un combat asymétrique et difficile à mener parce que, le plus souvent, les terroristes utilisent les civils comme boucliers humains, c’est le cas du YPG/PKK ces derniers jours quand les forces turques ont lancé l’assaut final sur la ville d’Afrin », a déclaré à Anadolu, le colonel Mbaïré Vincent, un officier de l’armée tchadienne.
Mais malgré cela, précise l’officier tchadien, les forces armées turques ont fait preuve de professionnalisme et ont pris les mesures nécessaires afin d’épargner les civils et les combattants mineurs des organisations terroristes du PYD/PKK et de Daech. Elles n’ont ciblé que les positions militaires des terroristes, tout en prenant soin d’évacuer les civils des zones de combat.
« Le fait que les habitants d’Afrin ont réservé un accueil chaleureux aux forces turques de l’opération ‘Rameau d’olivier’, après la libération de la ville, montre clairement qu’ils sont enchantés de cette libération qui s’est faite sans violation des droits de l’homme. Et ce, grâce aux mesures prises par les autorités turques pour épargner les civils, qui, il faut le dire, sont reconnaissants », a indiqué à Anadolu, le secrétaire général adjoint de la primature du Tchad, Nadji Madou.
L’autorité tchadienne, précise que, l’intervention de la Turquie, pour libérer les populations syriennes d’Afrin sous l’emprise des terroristes, est un acte courageux et hautement salutaire parce qu’aucun pays au monde ne pouvait ignorer les cris de détresse des populations malmenées par des groupes armés.
Pour le diplomate et enseignant chercheur malien, Mahamadou Adji Seidou, le monde a été témoin de la libération et de la sécurisation de cette partie du territoire syrien par les forces turques et est satisfait jusque-là du déroulement des opérations. Mais il faudrait que cette rigueur dans la protection des civils par les Turcs, continue pour que la paix et la stabilité sociale soient un acquis pour les habitants de cette ville qui ont trop souffert sous l’emprise des terroristes.
« Les forces turques ont le devoir d’assurer la protection des personnes civiles et de leurs biens après la libération de cette localité. Le gouvernement turc doit aussi mettre sur pied un programme de réinsertion des combattants mineurs de cette ville, recrutés par le PYD/PKK et par Daech et surtout il faut que la vie reprenne son cours pour que les populations aient accès aux services sociaux de base », a-t-il déclaré.