Mohamed Safwene Grira
14 Février 2017•Mise à jour: 14 Février 2017
AA/ Bujumbura/ Yvan Rukundo
La plateforme de l'opposition "radicale" burundaise exigera, lors de la reprise du dialogue politique dans la ville tanzanienne d'Arusha cette semaine, le "renforcement" de la facilitation est-africaine de la crise burundaise.
Une "délégation de haut niveau" de l'opposition sera présente, du 16 au 18 février, à ce cinquième round sans prendre part au dialogue, qui se déroulera ainsi entre opposition "modérée" et représentants du pouvoir, a déclaré à Anadolu Jérémie Minani, porte-parole de la plateforme de l'opposition "radicale".
Cette délégation exigera qu'une équipe des Nations unies et de l'Union africaine (UA) vienne se joindre à la médiation de l'ancien président tanzanien Benjamin William Mkapa, d'après le porte-parole de cette plateforme non reconnue par le pouvoir.
L'objectif de ce renforcement est de rendre "indépendante, crédible et impartiale" la facilitation mandatée en septembre dernier par la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE) pour trouver une issue pacifique à la crise burundaise.
Le Conseil National pour le Respect de l’Accord d’Arusha pour la paix et la Réconciliation au Burundi et la Restauration de l’Etat de Droit (Cnared-opposition "radicale") avait récusé en décembre dernier la facilitation de l'ancien président tanzanien.
Cette position est intervenue après que Mkapa a déclaré que le troisième mandat obtenu, en juillet 2015, par le président Pierre Nkurunziza, ne pouvait plus être remis en cause.
Le Burundi a sombré dans une grave crise, aux dimensions politique, sécuritaire et humanitaire, à partir d'avril 2015, quand une candidature de Pierre Nkurunziza à un nouveau mandat "anticonstitutionnel" a été annoncée.
Plus de 386 000 personnes ont fui le pays, depuis cette date, d'après l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR). La Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) a recensé, de son côté, plus de 1 000 morts, 8 000 détenus et 300 à 800 disparus.