Hafawa Rebhi
31 Octobre 2017•Mise à jour: 31 Octobre 2017
AA / Tripoli / Jihad Nasr
Le "parti Justice et Edification", un parti libyen d'obédience islamique, a accusé mardi les forces de Khalifa Haftar, relevant de la Chambre des représentants de Tobrouk d’avoir perpétré le raid de la veille contre la ville de Derna.
Lundi, la ville de l'est de la Libye a été la cible d’une frappe aérienne menée par un avion inconnu, tuant 17 personnes et blessant plus de 20 autres.
Dans un communiqué consulté par Anadolu, le parti, considéré comme la branche politique des Frères musulmans en Libye, a réitéré sa condamnation «des actes terroristes perpétrés par les forces de Khalifa Haftar, qui ont visé des civils non-armés dans la ville de Derna, et coûté la vie à des enfants et à des femmes».
"Cibler les civils est un crime de guerre, une violation flagrante du droit international humanitaire, et de toutes les normes internationales, des conventions, des principes et des normes des droits de l'homme", a ajouté le parti dans son communiqué.
La formation politique a demandé «à toutes les parties, en particulier le Conseil présidentiel du gouvernement de consensus national, de solliciter les Nations Unies et le Conseil de sécurité, afin qu’ils assument leur rôle dans la protection des civils conformément aux résolutions internationales».
Il a également appelé à la levée du siège de la ville de Derna.
Derna est la seule ville dans l’est de la Libye qui n’est pas passée sous le contrôle des forces de la Chambre des représentants de Tobrouk, dirigées par Khalifa Haftar. Ces forces l’assiègent depuis trois ans dans une tentative de la dominer.
«Le Conseil de la Choura des Moudjahidine de Derna» contrôle la ville depuis l’expulsion de Daech en 2015.
Le parti a appelé « toutes les organisations des droits de l'homme à documenter les violations des droits de l'homme, et à les soumettre aux tribunaux locaux et à la Cour pénale internationale, pour poursuivre en justice les personnes accusées de crimes de guerre et mettre fin à l'impunité».
Pour sa part, le président du Haut Conseil d'Etat libyen, Abderrahmane Souihli, a implicitement accusé Khalifa Haftar d'être derrière les raids de Derna. «Le massacre de Derna est une étape décisive. Nous devons nous détacher des calculs politiques et condamner le soi-disant commandement général qui contrôle la zone ouest et ses partisans régionaux», a-t-il tweeté.
Les forces de Haftar ont démenti ces charges dans un discours télévisé émis aujourd'hui par leur porte-parole, Ahmed Mismari.
Depuis 2011, deux gouvernements se disputent le pouvoir en Libye, à savoir le gouvernement du consensus internationalement reconnu, qui siège dans la capitale Tripoli (Ouest), et le gouvernement provisoire émanant du Parlement de Tobrouk, duquel relèvent des forces sous le général Khalifa Haftar et qui siège à Tobrouk (Est).