Hatem Kattou
15 Août 2018•Mise à jour: 15 Août 2018
AA/Tripoli/Walid Abdallah
Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) a exprimé, mercredi, sa préoccupation à l’égard de l’expulsion de près de 1900 déplacés du camp de « la route de l’aéroport », dans la capitale libyenne Tripoli, par des milices locales.
« La route de l’aéroport » est le plus grand camp de déplacés à Tripoli et accueille 370 familles de la ville de Tawergha (ouest), qui vivent dans le camp depuis sa construction en 2011.
Le HCR a indiqué, dans un communiqué publié sur son site web, que « certaines femmes et jeunes filles ont été menacées de viol, ce qui a obligé les déplacés de fuir leurs maisons ».
Les déplacés, cités par l’organisation onusienne, ont rapporté que des « milices locales ont obligé les habitants du camp à fuir leurs maisons, la semaine dernière, après trois nuits de bombardements et l’arrestation arbitraire de 94 personnes, dont 12 sont encore détenues ».
Le HCR a précisé, dans ce contexte, que les déplacés se sont dispersés et vivent dans différentes régions où ils ont des proches et que certaines familles dorment dans leurs voitures.
L’organisation onusienne craint que les déplacés soient de nouveau expulsés des camps vers lesquels ils ont fui à Tripoli.
Elle a appelé à respecter les droits de l’Homme et à protéger les civils et le droit des déplacés de décider à propos de leur avenir.
Le HCR a également appelé à trouver des solutions urgentes pour mettre fin à leur souffrance et leur permettre de retourner à leurs maisons, en toute sécurité et dignité.
Il a assuré, d’autre part, qu’il suit la situation de près et communique avec toutes les parties pour répondre aux besoins essentiels des déplacés et éviter ces expulsions dans l’avenir.
Vendredi dernier, la Mission d'appui des Nations unies en Libye avait condamné l’évacuation arbitraire des familles déplacées de Tawergha, du camp de « la route de l’aéroport ».
A la suite de la chute du régime de Mouammar Kadhafi (1969-2011), les habitants de Tawergha ont été expulsés par la force des armes, pour leur loyauté à Kadhafi et leur opposition aux révolutionnaires dans la ville voisine de Misrata (200 km à l’est de Tripoli).
Il n’existe pas de statistique officielle concernant le nombre exact des déplacés de Tawergha. Cependant, des sources non-officielles les estiment à près de 40 mille personnes.
Les villes de Tawergha et de Misrata avaient signé, en juin dernier, un accord qui prévoit le retour des déplacés, sauf que certaines parties à Misrata s’opposent à cette décision.