Afrique

Les fosses communes de Khartoum révèlent un sombre chapitre de la guerre au Soudan

– Deux fosses communes contenant les restes de milliers de victimes découvertes dans le quartier de Riyadh à Khartoum

Rania Abushamala  | 25.01.2026 - Mıse À Jour : 25.01.2026
Les fosses communes de Khartoum révèlent un sombre chapitre de la guerre au Soudan

Khartoum

AA/Kharthoum

Deux fosses communes contenant les restes de milliers de personnes ont récemment été découvertes à Khartoum, révélant un sombre épisode du conflit en cours au Soudan entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR).

Des sources locales ont indiqué à Anadolu que les deux fosses communes ont été mises au jour dans le quartier de Riyadh, près de la rue Obeid Khatim, dans la capitale.

Les restes retrouvés montrent que les victimes ont été enterrées de manière désordonnée.

Selon ces sources, les FSR avaient utilisé des bâtiments voisins du quartier  qui abritaient auparavant un centre de commandement des FSR comme centres de détention.

D’après des témoins, des civils et des militaires morts sous la torture dans des prisons contrôlées par les FSR ont été transportés par d’autres détenus et enterrés dans des fosses creusées à l’aide d’engins lourds.

De grandes quantités de sandales, de chaussures et d’effets personnels sont visibles autour des fosses, témoignant de l’ampleur de la tragédie survenue sur le site.

« Le retard dans l’ouverture des fosses communes est dû au nombre énorme de victimes », a déclaré à Anadolu la procureure générale du Soudan, Intisar Ahmed Abdel Aal.

« Des efforts sont actuellement en cours pour ouvrir ces fosses et transférer les corps vers des cimetières appropriés », a-t-elle ajouté. « Le nombre de personnes enterrées est très élevé, et des corps ont également été ensevelis dans des écoles, des universités et des lieux publics. »

Intisar Ahmed Abdel Aal a précisé que les opérations d’exhumation sont menées en coordination avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

« Le manque de ressources n’est pas le seul défi, il y a aussi le nombre très important de corps », a-t-elle souligné.

« Les fosses communes ne se limitent pas à Khartoum, elles s’étendent également à Wad Madani et à de vastes zones du centre du Soudan. »

La procureure générale a insisté sur le fait que le gouvernement poursuit ses efforts pour transférer les corps et « traduire en justice les responsables de ces crimes ».

Le Soudan est plongé dans un conflit meurtrier depuis avril 2023, lorsque des combats ont éclaté entre l’armée et les FSR sur fond de désaccord concernant l’intégration de la force paramilitaire au sein de l’armée nationale.

Sur les 18 États que compte le Soudan, les FSR contrôlent les cinq États de la région du Darfour, à l’ouest, à l’exception de certaines zones du nord du Darfour-Nord qui restent sous contrôle de l’armée.

De son côté, l’armée contrôle la majeure partie des 13 autres États du sud, du nord, de l’est et du centre, y compris la capitale Khartoum.

Le conflit a fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes.

*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir


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