Ekip
21 Avril 2022•Mise à jour: 21 Avril 2022
AA/Pascal Mulegwa
Le Zimbabwe a renvoyé de force 70 réfugiés en République démocratique du Congo, l’an dernier, en violation du droit international, selon un rapport publié par l’ambassade américaine à Harare.
Les réfugiés, qui étaient hébergés au camp de réfugiés de Tongogara, ont été "accusés d'avoir pillé un entrepôt de vivres" et ont été initialement arrêtés en août 2021, précise le rapport.
"Le gouvernement a renvoyé de force environ 70 de ces réfugiés en RDC en violation du droit international selon une organisation internationale", note la même source.
Les autorités de la RDC ont rejeté environ 15 parmi ces réfugiés, que le gouvernement du Zimbabwe a ensuite placé dans des centres de détention à Harare.
En novembre 2021, le camp de réfugiés de Tongogara accueillait 15 797 réfugiés et demandeurs d'asile, bien que l'installation ait été conçue pour accueillir 3 000 réfugiés.
La majorité des réfugiés viennent de la RDC représentant 76%, suivis du Mozambique (11%), du Burundi à 6% et du Rwanda à 5%.
Avant le début de la pandémie de Covid-19, environ 100 réfugiés et demandeurs d'asile arrivaient au camp chaque mois.
Le rapport américain indique que certains des migrants et des réfugiés ont été victimes d'abus de la part des forces de sécurité au Zimbabwe. "Les forces de sécurité ont régulièrement détenu des migrants, qui n'avaient pas de papiers d'identité ou de permis pour se trouver dans le pays, et les ont détenus dans des prisons avec des criminels condamnés", indique le rapport.
Les conditions carcérales étaient potentiellement mortelles en raison de la surpopulation, des pénuries alimentaires, du manque d'eau, des mauvais traitements physiques infligés aux prisonniers, du manque d'accès à l'équipement de protection individuelle pour atténuer la propagation du Covid-19, et des conditions sanitaires et des soins médicaux inadéquats, selon le même rapport consulté par Anadolu.
D’autres ONG avaient fait état d'un recours excessif à la force mais ont noté que les « gardiens de prison ne l'employaient pas systématiquement ».
Le Zimbabwe est un tremplin pour plusieurs réfugiés et demandeurs d'asile de toute l'Afrique qui affluent vers l'Afrique du Sud voisine. D’après l’ambassade, des trafiquants d'êtres humains profitent de la porosité des frontières du pays pour déplacer des migrants désespérés.