Afrique

Le Niger annonce la mise en place d’un "comité d’experts" pour préparer des plaintes contre l’opérateur français Orano

- En vue d’obtenir la réparation des « préjudices subis » dans l’exploitation de son uranium

Salif Omar  | 04.02.2026 - Mıse À Jour : 04.02.2026
Le Niger annonce la mise en place d’un "comité d’experts" pour préparer des plaintes contre l’opérateur français Orano

Istanbul

AA / Niamey / Salif Omar

Les autorités nigériennes ont annoncé, mercredi, la mise en place d’un "comité d’experts" chargé de préparer des plaintes contre l’opérateur nucléaire français Orano.

La cérémonie de mise en place de ce comité a été présidée par le ministre de la justice Alio Daouda. Dans un discours prononcé à cette occasion, il a indiqué que la décision des autorités nigériennes de nationaliser l’exploitation des ressources minières a suscité plusieurs procédures du groupe Orano contre le Niger devant le Centre International de Règlement des Différents (CIRDI) "pour revendiquer une soi-disant propriété minière sur les terres nigériennes". C’est pourquoi, a poursuivi le ministre, le Niger a décidé à son tour "d’initier des procédures judiciaires contre Orano en s’entourant de toutes les précautions pour l’attraire devant les juridictions nationales et étrangères afin d’obtenir condamnation et réparations des préjudices subis".

Evoquant les missions du comité, le ministre Alio Daouda a précisé qu’elles visent à recueillir "toutes les violations des règles relatives à l’environnement, à la santé et à la fiscalité" commises par l’opérateur français dans le cadre de l’exploitation de l’uranium nigérien. Il a martelé que des poursuites seront engagées contre Orano "devant n’importe quelles instances juridictionnelles et arbitrales nationales, régionales et internationales, y compris même devant les juridictions françaises".

Aucune réaction n’a été enregistrée de la part de l’opérateur français par rapport à l’annonce des autorités nigériennes, mercredi à 16h GMT.

Le mardi 02 décembre dernier, les autorités nigériennes avaient déjà annoncé leur intention de poursuivre Orano en justice, suite à la découverte de "400 tonneaux contenant de la carotte radioactive" sur un ancien site d'exploitation de l'uranium abandonné par Orano dans le département d'Arlit situé dans le nord du Niger.

“Cette société a porté et continue de porter atteinte à la santé des populations nigériennes par la planification des crimes de masse caractérisés par l’emploi de substances radioactives, de mise en danger de la vie d’autrui et de dégradations de l’environnement", précisant que "les mesures de doses effectuées sur ces matières révèlent une toxicité dont le taux varie entre 7 et 10 microsieverts par heure alors que la dose normale est de 0,5 micro sievert" et que "les échantillons prélevés ont mis en évidence l'association de deux produits, à savoir le bismuth 207 et le chrome X".

Entreprise détenue par l'État français, Orano a remplacé l'ancienne Areva qui détenait le monopole de l'exploitation de l'uranium nigérien pendant plus d'un demi-siècle. Suite au coup d'État militaire du 26 juillet 2023, les nouvelles autorités nigériennes ont rompu tous les accords liant le Niger et la France, dont celui sur l'exploitation de l'uranium par Orano.

Dénonçant une décision unilatérale, l'entreprise française a engagé un contentieux contre l'État du Niger auprès des instances internationales compétentes.

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