Le Maroc invite l'Union européenne à passer d'un partenariat de « voisinage » à un partenariat d'« alliance »
- Lors du discours prononcé par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, lors de la 15e session du Conseil de partenariat entre les deux parties, qui s'est tenue dans la capitale belge, Bruxelles
Rabat
AA / Rabat / Khalid Mejdoub
Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a appelé l’Union européenne (UE) à faire évoluer ses relations avec le Maroc d’une logique de « voisin » vers celle d’« allié », et à passer d’une approche fondée sur les « programmes et projets » à une relation « stratégique ».
Il s’exprimait jeudi soir lors de la 15ᵉ session du Conseil d’association Maroc–UE, tenue à Bruxelles, selon un communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères.
« Nous aspirons à un partenariat réellement équilibré, qui prenne en considération les spécificités de cette relation unique et les liens d’interdépendance », a déclaré le chef de la diplomatie marocaine.
Il a appelé à « l’intégration pleine et entière du Maroc dans les processus de prise de décision dans les domaines qui le concernent directement, à l’instar de ce qui est appliqué à certains pays en phase de préadhésion à l’Union européenne ».
Dans le cadre de la stratégie de préadhésion adoptée par l’UE, les pays candidats doivent mettre en œuvre des réformes afin d’aligner leurs législations et réglementations sur celles de l’Union. Des pays comme la Macédoine du Nord (2004-2005) et l’Albanie (2009-2014) ont traversé cette étape.
Bourita a affirmé que le Maroc est « fermement déterminé à avancer aux côtés de l’Union européenne afin d’instaurer un partenariat plus profond, plus stratégique et plus résilient ».
Il a ajouté que « les transformations géopolitiques et le rapprochement étroit avec l’Europe ont contribué à faire du Maroc une extension naturelle et indispensable de l’espace géopolitique et économique européen ».
Le ministre a souligné que l’élévation du partenariat « implique naturellement des exigences que nous comprenons et auxquelles nous sommes prêts à répondre », notamment en matière de convergence normative et réglementaire, de mécanismes de concertation préalable, permanente et de haut niveau, ainsi que d’investissements conjoints dans les secteurs d’avenir.
Il a estimé que toute évolution qualitative du partenariat « passe fondamentalement par un changement de référentiel », appelant à passer de la logique du « voisin » à celle de « l’allié », et d’une approche basée sur les « programmes et projets » à des « axes stratégiques structurants ».
Bourita a indiqué que les travaux en cours pour l’élaboration d’un partenariat stratégique approfondi avec l’Union européenne constituent « une opportunité pour tracer la trajectoire de la prochaine décennie ».
Il a considéré que « la construction d’un partenariat exemplaire entre le Maroc et l’Union européenne ne peut être envisagée sans reconnaissance mutuelle et responsabilité partagée ».
Il a insisté sur le fait que « la concertation préalable n’est pas une simple formalité, mais le fondement de la confiance et la garantie d’un engagement durable », appelant à « mobiliser toutes les forces vives de nos sociétés afin que le partenariat ne reste pas une simple déclaration d’intention entre diplomates ».
Le Maroc bénéficie du statut avancé auprès de l’Union européenne depuis octobre 2008, ce qui lui permet de profiter de plusieurs accords et financements européens.
Par ailleurs, Rabat et Paris ont appelé l’Union européenne à « garantir la sécurité juridique » des accords conclus avec le Maroc.
Cette position figure dans le communiqué final de la 5ᵉ session du Forum parlementaire franco-marocain, tenue jeudi au siège du Parlement marocain à Rabat.
Le communiqué précise que les représentants des institutions législatives du Maroc et de la France « appellent fermement au développement d’un partenariat avancé entre le Maroc et l’Union européenne ».
Ils ont ajouté : « Nous appelons les institutions européennes à mobiliser tous les leviers nécessaires pour garantir la sécurité juridique des accords liant le Maroc à l’Union européenne ».
Le communiqué appelle également à « consolider les partenariats bilatéraux dans plusieurs espaces géopolitiques auxquels ils appartiennent, notamment dans l’espace euro-africain, afin de réaliser une prospérité partagée ».
*Traduit de l'arabe par Wafae El Baghouani
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