Nadia Chahed
21 Février 2018•Mise à jour: 21 Février 2018
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
Le gouvernement burundais a rejeté en bloc le contenu du dernier rapport onusien sur la situation humanitaire dans le pays.
Bujumbura dénonce dans un communiqué, publié mercredi et dont Abnadolu a reçu copie, un rapport rédigé d’une "façon unilatérale" et qui ne reflète pas la réalité sur le terrain.
«Tout en appréciant cette initiative de la Communauté humanitaire à venir en aide aux personnes dans le besoin surtout celles en situation d’urgence, le Gouvernement du Burundi déplore que contrairement à ce qui est prétendu, ce rapport ainsi que le recensement des personnes en état de nécessité, de même que les chiffres avancés n’ont jamais fait objet de concertation avec les ministères directement concernés par les questions humanitaires », explique Bujumbura dans le communiqué, publié deux jours après la sortie du Plan de réponse humanitaire 2018.
Le plan en question a été présenté par la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), lundi à Bujumbura, devant l’ensemble de la Communauté humanitaire dont les ONG nationales et internationales et les services gouvernementaux en charge des questions humanitaires.
Ce plan établit un besoin humanitaire de 141,8 millions de dollars pour répondre aux besoins de 2,4 millions de personnes, il révèle, en outre, qu’en 2017, le nombre de personnes vulnérables au Burundi a enregistré une hausse de 18% par rapport à 2016.
Bujumbura accuse, de son côté, l’ONU d’avoir exagéré les chiffres vu les moyens consentis par le gouvernement pour investir dans les projets pour améliorer le bien-être des populations rurales en particulier.
Le gouvernement estime en outre qu'en 2018 la situation est meilleure que celle de 2017 vu les efforts consentis dans le secteur agricole, sanitaire, accueil et insertion des réfugiés rapatriés.
Ainsi, le gouvernement demande aux responsables du Bureau des Nations Unies pour la Coordination des affaires humanitaires (OCHA) d’entrer en contact avec les ministres sectoriels directement concernés par les questions humanitaires et tous les autres responsables susceptibles d’y contribuer, pour l’élaboration d’un rapport consensuel et fiable qui va guider une collaboration efficace dans l’intérêt des objectifs communs avec l’OCHA.
Et de déclarer : « Le Gouvernement s’attend plutôt à ce que ses partenaires axent les efforts beaucoup plus sur l’Aide au Développement qu’à l’Aide Humanitaire comme a, par ailleurs, insisté le Président de la République dans son message à la Nation de Nouvel An 2018 ».
La crise au Burundi remonte à avril 2015, lorsque le président Pierre Nkurunziza a décidé de briguer un 3ème mandat jugé illégal et contesté par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
Suite aux contestations, il y a eu des milliers de morts, plus de 420 mille burundais ont pris le chemin de l’exil selon l’ONU et les anciens partenaires financiers du pays comme la Belgique, l’UE, les Etats-Unis, ont pris la décision de geler les aides directes au gouvernement.
A cela, il faut ajouter les déplacés internes depuis la crise de 1993, les sinistrés des inondations, à l’image de celles de 2014 ayant causé une cinquantaine de morts, une centaine de blessés et près de 2000 maisons détruites au nord de la capitale.