Nadia Chahed
21 Février 2018•Mise à jour: 21 Février 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Plus de 120 personnes ont été exécutées en janvier dernier en République démocratique du Congo (RDC) où 744 violations des droits de l’homme ont été recensées durant la même période, a annoncé l’ONU mercredi.
Ces exécutions extrajudiciaires ont été commises par les forces de sécurité et les groupes armés sévissant dans le pays, indique un rapport établi par le bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’homme (BCNUDH).
"Le nombre de victimes d’exécutions extrajudiciaires par des agents de l’Etat (49 victimes) et d’exécutions sommaires par des groupes armés (77 victimes) demeure préoccupant en RDC", a déclaré Abdoul Aziz Thioye, chef du BCNUDH lors d'une conférence de presse à Kinshasa.
Durant la même période, 744 violations des droits de l’homme ont été documentées sur tout le territoire de la RDC, soit une légère baisse par rapport aux 787 violations documentées en décembre 2017, a ajouté Thioye.
Les forces de sécurité congolaises sont responsables de 60% de ces violations, tandis que 40% ont été perpétrées par les groupes armés, note la même source, soulignant que pour le quatrième mois consécutif, les forces de sécurité congolaises ont commis plus de violations (51%) que les groupes armés (49%) dans les zones de conflit.
L'Agence onusienne dépendant du haut commissariat aux droits de l’homme dénonce régulièrement des exécutions extrajudiciaires en RDC, pays dont l’élection en octobre dernier au conseil des droits de l’homme de l’ONU a suscité un tôlé des pays occidentaux dont les Etats-Unis.
Le BCNDUH a dernièrement dénoncé une augmentation "exceptionnelle" des "exécutions extrajudiciaires et arbitraires" perpétrées par les forces de sécurité congolaises en 2017.
Lors d’un débat général sur la RDC début février au conseil de sécurité de l’ONU, le chef de la diplomatie congolaise Leonard She Okitundu avait rejeté ces rapports onusiens affirmant "qu’aucune personne n’a été exécutée" au Congo-Kinshasa.
Contactée par Anadolu, la ministre congolaise des droits humains, Marie-Ange Mushobekwa a déclaré avoir reçu "tardivement" une copie de ce rapport mais a refusé de réagir à son contenu.