Abderrazak Boulkemh
20 Avril 2021•Mise à jour: 20 Avril 2021
AA/ Alger
La police algérienne a accusé, mardi, la représentation diplomatique d'une grande puissance étrangère à Alger,- dont le nom n'a pas été mentionné -, de financer une association locale pour produire des documentaires provocateurs et réaliser des publications (pancartes et affiches) pour les utiliser à des fins subversives.
Selon un communiqué de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), consulté par l’Agence Anadolu, les services de Sûreté de la wilaya d’Alger, ont arrêté « une bande criminelle composé de 8 suspects, âgés de 26 à 60 ans, qui opèrent sous le couvert d'une association culturelle non agréée (dont le nom n’a pas été indiqué)».
« Cette association culturelle, financée par l'une des représentations diplomatiques d'une grande puissance étrangère à Alger, a pu acquérir des équipements et du matériel technologique moderne, qu'elle a utilisés pour produire des films et des documentaires provocateurs, et réaliser des pancartes et des affiches dans le but de les utiliser à des fins subversives lors des marches du mouvement populaire (Hirak) », précise la DGSN dans son communiqué.
La même source explique que « Les investigations menées dans l'une des institutions financières (qu'elle n'a pas mentionnée) ont permis d'accéder à la source de financement étranger de cette association ».
« Les responsables de cette association ont reconnu avoir reçu ce financement étranger, sous le couvert d'une prétendue activité culturelle », lit-on dans ledit communiqué.
Le communiqué a souligné qu’« Une fois les procédures judiciaires terminées, les suspects (dont les nationalités n’ont pas été mentionnées) ont été présentés devant les juridictions compétentes ».
Le 22 février 2021, des milliers d'Algériens sont descendus dans la rue pour marquer le deuxième anniversaire du Hirak, qui a débuté le 22 février 2019, et a renversé l'ancien Président Abdelaziz Bouteflika.
Les marches du Hirak se poursuivent avec leurs rendez-vous hebdomadaires chaque vendredi et mardi, exigeant un changement radical du système, tandis que les autorités algériennes affirment que le changement se fera progressivement et par les urnes.
Pendant les manifestations, des pancartes ont été brandies en signe de refus des élections sous prétexte qu'il s'agit « d'une tentative de se détourner des vraies demandes de changement ».
Des élections législatives anticipées se tiendront dans le pays le 12 juin, conformément à une feuille de route annoncée par le Président algérien Abdelmadjid Tebboune, après son accession au pouvoir le 19 décembre 2019.
Les autorités algériennes affirment que la poursuite des manifestations « ne les dérange pas » à condition que les marches du Hirak soient pacifiques, alors que le Président Tebboune avait déclaré il y a quelques jours lors d'une réunion du Haut Conseil de Sécurité, que « l'Etat ne tolérera pas l'exploitation des marches du mouvement populaire (Hirak) par des groupes séparatistes et des mouvances illégales proches du terrorisme ».
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail