Afrique

L'Afrique en ascension: Le Sénégal, l'étoile montante du continent, aussi riche que pauvre?

- La notion de «classe moyenne» semble sur le point de disparaître à Dakar

Fatma Esma Arslan, Nur Asena GÜLSOY  | 20.06.2017 - Mıse À Jour : 21.06.2017
L'Afrique en ascension: Le Sénégal, l'étoile montante du continent, aussi riche que pauvre?

Senegal

AA – Dakar

Le Sénégal, l'étoile montante du continent africain, semble aussi riche que pauvre.

Dans la capitale Dakar, des bâtiments gigantesques jouxtent des quartiers délaissés et la notion de «classe moyenne» semble sur le point de disparaître.

Maman Ba, propriétaire d'un salon de coiffure depuis dix ans dans le quartier riche de HLM Grand Yoff, se souvient de ses débuts.

«Les premiers temps, j'ai rencontré beaucoup de difficultés dans mon activité, mais avec la transformation de Dakar ces dernières années, mon travail s'est intensifié», dit-elle à Anadolu.

«Auparavant, les dépenses liées à la coiffure étaient du luxe en raison des difficultés économiques des Sénégalais, mais aujourd'hui j'ai presque du mal à gérer mes nombreux clients!», assure-t-elle.

Pour Ba, le quartier s'est rapidement transformé en quelques années, de même que le profil de ses clients a changé.

«J'ai un mariage ce soir mais je travaille quand même, dit-elle, tout en tressant une jeune cliente. Je ne peux pas annuler les réservations pour aujourd'hui. Je fermerai une heure avant la cérémonie, je n'ai pas d'autre choix», lance-t-elle, heureuse tout de même que son activité marche.

Ba, qui a rencontré son époux durant un salon international dédié à la coiffure, raconte suivre de près les évolutions de son secteur et s'y adapter. «C'est nécessaire», estime-t-elle.

À quelques kilomètres du quartier de Ba, le quotidien est tout autre. À Guediawaye, c'est la pauvreté qui rythme le quotidien des habitants.

Ismail Diallo répare ici des automobiles depuis vingt ans, mais se plaint d'une véritable baisse de la demande depuis quelques années.

Diallo qui n'a pas d'atelier, répare les voitures sur le bord de la route. Pour lui, il peut perdre son travail à tout instant, confie-t-il à Anadolu.

«Avant, je réparais quatre ou cinq voitures par jour mais aujourd'hui, je ne suis sollicité qu'une fois ou deux par semaine».

«J'ai cinq enfants et certains jours, je n'ai même pas de quoi leur acheter du pain», affirme Diallo, pour qui le quartier s'appauvrit chaque jour.

Les jeunes habitants de Guediawaye, chômeurs pour la plupart d'entre eux, supportent leur quotidien grâce à la musique.

Une dizaine de jeunes, âgés de 15 à 30 ans, se réunissent, chaque jour, pour jouer du «sabar», un instrument de percussion traditionnel.

«Nous ne trouvons pas de travail dans ce quartier, alors au lieu d'errer, nous jouons de la musique et parfois nous gagnons même quelques sous», raconte Suare Fa, un des jeunes musiciens.

S'il y a des heureux dans la capitale, qui ne souffrent jamais de la crise, ce sont certainement les artisans du célèbre marché artisanal de Soumbédioune sur la corniche de Dakar.

C'est ici que de nombreux touristes viennent acheter les cadeaux souvenirs.

Sculpteur sur bois, Mamadou Kala a de quoi se réjouir: sa boutique attire du monde toute l'année. Des touristes mais aussi des artistes qui veulent découvrir la sculpture sur bois, lui demandent de les prendre en stage.

«Ils me trouvent sur internet puis viennent ici à Dakar. Récemment, j'ai accueilli un jeune stagiaire venu de France. Il a appris le métier et est rentré», dit-il.

Le tailleur Ahmed Damba qui coud des vêtements traditionnels féminins, est, lui aussi ravi: «les Sénégalaises ne font aucune concession pour leurs vêtements, note-t-il. Elles trouvent les moyens de s'acheter une nouvelle robe même si elles n'ont pas d'argent», commente-t-il, assurant que la demande est particulièrement intense durant les noces et les fêtes religieuses.

Voisin de la Mauritanie, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, du Mali et de la Gambie, le Sénégal compte quatorze millions d'habitants. Sa population est à 95 % de confession musulmane et elle vit en paix avec les minorités religieuses.

Le français est la langue officielle mais plusieurs autres langues locales sont également parlées, notamment le Wolof.

D'après de récentes données, l'économie sénégalaise repose surtout sur la métallurgie, la construction, le tourisme, la pêcherie et l'agriculture.

Le pays exporte de l'or, du phosphate, du pétrole et des poissons et importe surtout du pétrole brut, du riz, du blé, des automobiles et des médicaments.

Le Sénégal est par ailleurs le deuxième pays ayant enregistré le taux de croissance le plus élevé en Afrique de l'Ouest, avec un taux de 6,5% en moyenne, les deux dernières années. Il se place au rang de 119ème économie mondiale.

Cette ancienne colonie française, devenue indépendante en 1960 et où règnent démocratie et stabilité, a résolu ses problèmes d'énergie et d'infrastructures, contrairement à ses voisins, et a pu construire des aéroports, des chemins de fer et des autoroutes, parfois avec l'aide d'investissements turcs.

Bien que le pays enregistre un progrès remarquable, il reste toutefois difficile de distinguer les limites de la misère et de la richesse à Dakar, la capitale.

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