Beyza Binnur Dönmez,Burak Bir
16 Mai 2024•Mise à jour: 16 Mai 2024
AA / Genève / Beyza Binnur Donmez - Burak Bir
L’audition de deux jours décidée par la Cour internationale de Justice (CIJ) à La Haye a débuté ce jeudi par des remarques de la délégation sud-africaine, qui soulignent les “violations délibérées“ d'Israël contre les ordonnances contraignantes de la CIJ.
L'Afrique du Sud avait demandé ces audiences pour faire pression en faveur de mesures conservatoires additionnelles contre Israël, affirmant qu'elle était obligée de revenir devant le plus haut tribunal de l'ONU à cause de “l'anéantissement continu du peuple palestinien“.
Soulignant qu'Israël a intensifié ses attaques contre Gaza, le pays a déclaré lors de son audience que Tel Aviv "violait délibérément les ordonnances contraignantes de ce tribunal".
"L'impunité institutionnalisée" a mené Israël à s'engager dans le "génocide" actuel, a averti l’Afrique du Sud, tout en ajoutant que "L'Afrique du Sud est ici parce que le peuple palestinien est confronté au génocide à Gaza et vos ordres précédents n'ont pas réussi à le protéger contre cela".
"Que ce soit en raison d'un manque de clarté quant aux exigences précises de ces ordres, ou parce qu'Israël choisit de les ignorer, ils n'ont pas été efficaces", a ajouté le pays africain, déclarant que le droit de légitime défense "ne donne pas à un État l'autorisation de recourir à une violence illimitée", et ne peut "jamais justifier un génocide".
Rappelant une décision de la Cour de 2004, l'Afrique du Sud a déclaré qu'"un État occupant n'a aucun droit de légitime défense contre le territoire qu'il occupe".
"Le point clé aujourd'hui, est que l'objectif déclaré d'Israël de rayer Gaza de la carte est sur le point de se réaliser", a-t-il dénoncé.
L'armée israélienne poursuit son offensive militaire contre Rafah, qui a commencé le 6 mai dernier, ignorant les avertissements régionaux et internationaux sur ses répercussions, avec la présence d'environ 1,4 million de personnes déplacées dans la ville, obligés de s’y réfugier par l’armée prétendant qu’il s’agissait d’une zone “sûre“ avant de mener des raids qui ont fait plusieurs morts et blessés.
La guerre israélienne contre Gaza, qui dure depuis le 7 octobre 2023, a fait plus de 114 000 morts et blessés, dont la plupart sont des femmes et des enfants, en plus des énormes destructions, qui ont justifié la comparution d’Israël devant la Cour internationale de Justice pour des accusations de “génocide“.
* Traduit de l’anglais par Mounir Bennour.