Afrique

Lac Tchad / Covid-19 : 3,6 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère

- Les attaques de Boko Haram et la pandémie du coronavirus aggravent la situation humanitaire dans le bassin du Lac Tchad selon les Nations Unies.

Lassaad Ben Ahmed   | 04.05.2020
Lac Tchad / Covid-19 : 3,6 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère

Cameroon

AA / Yaoundé / Peter Kum

La famine menace la vie des populations dans le bassin du Lac Tchad, a alerté dans son rapport mensuel publié lundi 4 mai, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

« Actuellement, 3,6 millions de personnes se trouvent en situation d’insécurité alimentaire sévère dans la région, un chiffre qui devrait augmenter à 4,6 millions pendant la période de soudure de 2020, sans tenir compte de l'impact du Covid-19 », a souligné l’OCHA.

D’après le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, la malnutrition dans les zones touchées par les conflits risque de se détériorer rapidement.

L’OCHA estime que « près de 400 000 enfants sont menacés de malnutrition aiguë sévère » dans le Lac Tchad où toutes les écoles ont été temporairement fermées pour empêcher la propagation du coronavirus dans la région, alors que plus de 1 000 écoles étaient déjà fermées en raison de l'insécurité provoquée par Boko Haram.

En dehors des attaques meurtrières des combattants de Boko Haram dans la région, les populations du Lac Tchad doivent désormais faire aussi face à la pandémie du Covid-19 qui est en train de faire des ravages à travers le monde.

« La pandémie de Covid-19 se propage rapidement à travers les pays du bassin du Lac Tchad, risquant de dévaster leurs systèmes de santé déjà fragiles. Parallèlement, les attaques armées se multiplient dans de nombreuses localités, forçant des milliers de personnes à fuir et prolongeant les déplacements et l'adversité auxquels sont confrontés des millions de personnes dans la région », a souligné l’OCHA.

Selon les Nations unies, plus de 2,7 millions de personnes ont été contraintes à fuir et sont particulièrement vulnérables face à la pandémie en raison de leur stress émotionnel et physique, dû au manque d'abris, de nourriture et d'accès à l'eau potable, à l'hygiène et aux installations sanitaires de base.

OCHA a relevé que la fermeture des marchés et des frontières et l'imposition de mesures, telles que le couvre-feu, auront un impact supplémentaire sur les moyens de subsistance et l'accès à la nourriture des populations du Lac Tchad.

Dans cette région (Nord-est du Nigeria, Extrême-Nord du Cameroun, Niger et Tchad), les communautés, et notamment les femmes, sont coutumiers des chocs et affrontent des situations de crise successives depuis des décennies.

Le Bassin du Tchad couvre près de 8% du continent africain et abrite plus de 30 millions de personnes. Plus de la moitié de cette population vit de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche dans le Lac.

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