Turquie, Afrique

La Turquie vue d’Alger : un partenariat inscrit dans la durée

- L’hommage appuyé rendu à la Turquie lors de l’entretien accordé au mois de juin par le Président Algérien, Abdelmajid Tebboune, au journal français Le Point, n’en finit pas de susciter intérêt et réactions

Mourad Belhaj   | 07.07.2021
La Turquie vue d’Alger : un partenariat inscrit dans la durée

Ankara

AA / Tunis

Le 2 juin dernier, l'hebdomadaire français "Le Point" a publié une interview accordée par le président algérien Abdelmajid Tebboune. Ce fut l’occasion pour le président Tebboune de rendre un hommage appuyé à la Turquie, qualifiant les relations avec Ankara d’excellentes.

Interrogé sur ce que d’aucuns avaient qualifié d’ "offensive turque au Maghreb", le président algérien avait alors répondu : "cela ne nous dérange pas (…) l’Algérie a d’excellents rapports avec les Turcs"

Tebboune avait alors souligné que la Turquie a investi près de 5 milliards de dollars en Algérie "sans la moindre contrepartie politique".

Et d’ajouter à l’intention de ceux qui s’interrogent sur cette relation, qu’ils "devraient, avant de parler, venir constater le soutien d'Ankara à Alger à bien des égards".

Dans les colonnes du quotidien français Le Monde, le journaliste Frédéric Bobin revient sur les relations turco-algérienne, mettant en lumière les multiples facteurs qui ont amené ces relations à connaitre un constant développement.

Dans son article "La Turquie, source d’inspiration en Algérie", publié vendredi, Bobin, correspondant pour l’Afrique du Nord, passe en revue les enjeux d’une relation qui a pris un essor certain depuis une dizaine d’années, et notamment depuis l’accession d’Abdelmajid Tebboune à la présidence du pays en décembre 2019.

Il souligne à cet égard que la Politique étrangère du président Tebboune a pris ses distances avec celle de son prédécesseur, Abdelaziz Bouteflika, réputé proche d’Abu Dhabi.

En déclarant la capitale libyenne, tripoli, comme une "ligne rouge" à ne pas franchir, le président Tebboune nouvellement élu en 2019, rejoignait la position d’Ankara, qui était à l’époque de cette offensive des milices du général à la retraite, Khalifa Haftar, résolument engagée aux côtés du gouvernement d’entente nationale, internationalement reconnu, de Fayez Sarraj.

Évoquant la présence des produits turcs sur le marché algérien, le journaliste cite autant la maroquinerie "made in Turkey" que le succès d’audience des séries télévisées – Notamment Ask-i-Memnu (« l’Amour interdit »). Et de souligner que "l’impact des séries télévisées turques, ont évincé les productions égyptiennes".


* Au plan économique la présence turque en Algérie progresse


"7eme fournisseur du marché algérien en 2012 (avec 3,6% des importations), la Turquie a gagné une place pour accéder au 6eme rang (avec 5,11% des importations) en 2019, derrière la Chine, la France, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne".

Frédéric Bobin rappelle que les importations turques "intègrent une partie croissante de biens d’équipement", avec également l’installation de "lignes de productions visant à contourner le relèvement des taxes douanières sur les biens de consommation".

Et de recueillir le témoignage de Fayçal bedjali, entrepreneur algérien installé en Turquie, qui affirme que "la Turquie est très compétitive sur la vente de ces équipements dans les secteurs du textile, de l’agro-alimentaire, ou des cosmétiques".

Un observateur européen installé à Alger a pour sa part affirmé au correspondant du journal Le Monde, que les entreprises turques sont très actives dans le bâtiment, les travaux publics, et les infrastructures "au point de concurrencer les chinoises".

En 2018, l'Agence nationale de développement des investissements a déclaré que la Turquie a dépassé la France en tant que premier investisseur étranger en Algérie.

Une évolution expliquée par Bobin par la "diversité des implantations turques (textile, sidérurgie, industrie pharmaceutique, sous-traitance automobile) qui fait de la Turquie l’un des tout premiers investisseurs hors hydrocarbures en Algérie".


* Boom du tourisme algérien en mer de Marmara (au sud d’Istanbul)


Noureddine Ait, entrepreneur impliqué dans la relation bilatérale, explique au correspondant du quotidien français que "le durcissement de l’octroi de visas européens a détourné les touristes algériens vers la destination turque".

Et d’ajouter que le fait que l’Europe se soit transformée en "forteresse" a eu pour "effet collatéral que le nombre de touristes algériens visitant la Turquie n’a eu de cesse d’augmenter, pour atteindre 300.000 à la veille de la crise liée à la pandémie de Covid-19", les liaisons aériennes entre les deux pays ont "quadruplé en 10 ans", atteignant les 40 vols hebdomadaires en 2019.


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