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La Namibie rejette la demande de licence déposée par Musk pour la société de satellites Starlink

- Starlink n'a pas répondu publiquement à la Namibie, affirmant qu'elle ne remplissait pas les conditions légales

Esra Tekin  | 24.03.2026 - Mıse À Jour : 24.03.2026
La Namibie rejette la demande de licence déposée par Musk pour la société de satellites Starlink

Istanbul

AA / Istanbul / Esra Tekin

La Namibie a rejeté mardi la demande de licence déposée par Starlink, l’entreprise d’internet par satellite du milliardaire Elon Musk, pour opérer dans le pays, dressant ainsi un nouvel obstacle réglementaire à la firme en Afrique australe.

L’Autorité namibienne de régulation des communications (CRAN) a confirmé le rejet, sans en préciser les motifs, selon la BBC.

Elle a indiqué que la filiale locale de Starlink ne respectait pas les exigences namibiennes en matière d’actionnariat.

Starlink n’a pas réagi publiquement dans l’immédiat.

Bien que l’entreprise soit active dans environ 25 pays africains, elle se heurte à des obstacles juridiques et réglementaires ailleurs sur le continent, notamment en Afrique du Sud, où les exigences en matière de propriété locale ont également empêché son entrée sur le marché.

En vertu de la législation namibienne, au moins 51 % d’une entreprise de télécommunications doivent être détenus par des citoyens namibiens ou des entités locales.

Après son indépendance de l’Afrique du Sud en 1990, la Namibie a adopté des politiques visant à élargir la propriété locale des entreprises et à réduire les inégalités raciales.

Starlink affirme sur son site internet avoir créé une société nationale qui travaillerait avec des entreprises namibiennes et générerait des emplois.

La CRAN a ajouté que cette décision pourrait encore être réexaminée, soit par le régulateur lui-même, soit à la suite d’une plainte, dans un délai de 90 jours.

- L’Afrique du Sud affirme que les lois s’appliquent à tous

Cette décision intervient après une première mesure prise en 2024, lorsque la CRAN avait accusé Starlink d’opérer en Namibie sans licence et lui avait ordonné de cesser immédiatement ses activités.

Le régulateur avait également averti les habitants que l’achat d’équipements Starlink ou la souscription à son service étaient illégaux.

Musk, né en Afrique du Sud avant de s’installer ensuite au Canada puis aux États-Unis, a soutenu que les règles sur l’actionnariat étaient la raison pour laquelle Starlink n’avait pas pu opérer en Afrique du Sud.

Dans une publication sur sa plateforme X l’an dernier, il a affirmé que l’entreprise était bloquée parce qu’il n’était pas noir.

Il a à plusieurs reprises critiqué les lois sud-africaines d’autonomisation économique des Noirs, estimant qu’elles découragent les investisseurs étrangers.

Les autorités sud-africaines ont rejeté ses critiques, affirmant que Starlink pouvait opérer dans le pays à condition de respecter la loi.

Elles ont également souligné que des centaines d’entreprises américaines, dont Microsoft, opèrent déjà avec succès en Afrique du Sud tout en se conformant à ces mêmes règles.

Ces politiques d’autonomisation ont été introduites après la fin de l’apartheid en 1994 afin de remédier aux profondes inégalités raciales laissées par le régime de minorité blanche.

Le soutien de Musk à des partis d’extrême droite en Europe ainsi que ses positions politiques aux États-Unis ont suscité ces dernières années controverse et condamnations.

*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani

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