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La Gambie affirme devant la Cour internationale que le Myanmar « a ciblé les Rohingyas pour les détruire »

- « Le Myanmar semble pris dans un cycle d’atrocités et d’impunités », déclare le ministre gambien de la Justice devant la Cour internationale de Justice

Melike Pala  | 12.01.2026 - Mıse À Jour : 12.01.2026
La Gambie affirme devant la Cour internationale que le Myanmar « a ciblé les Rohingyas pour les détruire »

Brussels Hoofdstedelijk Gewest

AA / Bruxelles / Melike Pala

Le ministre gambien de la Justice a déclaré lundi devant la Cour internationale de Justice (CIJ) que le Myanmar avait délibérément ciblé la minorité rohingya avec une « violence horrifique » dans le but de détruire cette communauté.

« Il ne s’agit pas de questions ésotériques de droit international. Il s’agit de personnes réelles, d’histoires réelles et d’un groupe réel d’êtres humains. Les Rohingyas du Myanmar. Ils ont été ciblés pour être détruits », a déclaré Dawda Jallow aux juges.

Il a ajouté que le peuple rohingya avait été victime de « la violence et de la destruction les plus horribles que l’on puisse imaginer ».

La Gambie a demandé à la CIJ de déclarer que le Myanmar avait violé ses obligations au titre de la convention sur le génocide, d’ordonner la cessation de tout acte illicite et de garantir des réparations ainsi que des mesures de non-répétition pour les victimes rohingyas.

La Cour avait déjà pris des mesures provisoires contre le Myanmar en janvier 2020, et les deux parties ont depuis soumis des plaidoiries écrites sur le fond de l’affaire.

« Nous n’avons pas engagé cette procédure à la légère. Nous l’avons faite après avoir examiné des rapports crédibles sur les violations les plus brutales et vicieuses imaginables infligées à un groupe vulnérable qui avait été déshumanisé et persécuté pendant de nombreuses années », a souligné Jallow.

Le ministre a précisé que le gouvernement avait soigneusement étudié les rapports de la mission d’établissement des faits des Nations unies ainsi que ceux d’organisations internationales de défense des droits humains réputées, ajoutant que les conclusions de ces sources diverses et indépendantes « ne laissaient aucun doute sur le fait que le Myanmar devait être tenu responsable de ses violations de la Convention sur le génocide ».

« Malheureusement, le Myanmar semble pris dans un cycle d’atrocités et d’impunités. Personne n’a été tenu responsable des crimes commis contre les Rohingyas », a-t-il ajouté.

Onze États – le Canada, le Danemark, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, les Maldives, la Slovénie, la République démocratique du Congo, la Belgique et l’Irlande – ont déposé des déclarations d’intervention. Les audiences doivent se conclure le 29 janvier.

La minorité musulmane rohingya subit depuis longtemps l’oppression dans l’État de Rakhine, au Myanmar, où les autorités ont été accusées de génocide. Environ un million de Rohingyas ont fui vers le Bangladesh voisin depuis 2017.

* Traduit de l’anglais par Seyma Erkul Dayanc

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