Nadia Al Chahed
23 Novembre 2015•Mise à jour: 23 Novembre 2015
AA/Abidjan/ Fulbert Yao
Le gouvernement ivoirien a procédé, lundi, à l’émission de ses premiers titres publics islamiques "Sukuk".
Baptisés « Sukuk- Etat de Côte d`Ivoire 5,75% -2015-2020 », ces titres ont été lancés lundi lors d’une cérémonie officielle à Abidjan.
La ministre déléguée auprès du premier ministre chargé de l`Economie et des Finances, Kaba Nialé, a déclaré, à l’occasion que cette démarche est dictée par le souci de l’Etat ivoirien de "diversifier la base de ses investisseurs".
Elle a précisé que le gouvernement a décidé, à cet effet, de procéder à une émission de Sukuk en monnaie locale, sur le marché financier régional, pour le financement de ses projets d’investissements au titre de l'année 2015.
«Dans ce cadre, le Gouvernement ivoirien a signé en avril 2015, avec la Société Islamique pour le Développement du secteur privé (SID) en qualité d'arrangeur principal, un accord pour la mise en œuvre d’un programme quinquennal pour l’émission de Sukuk d’un montant total de 300 milliards FCFA ( 600 millions de dollars) en deux phases égales de 150 milliards CFA (300 millions de dollars) chacune», a-t-elle, encore, précisé.
Kaba Nialé a, par ailleurs, estimé que « Cet emprunt conforme aux principes de la Finance islamique sera offert sous forme de titres de créances à partir de 10 000 Francs CFA ( 20 dollars) avec une marge de profit de 5,75% par an ».
« Le Sukuk, 2015-2020 de l'Etat de Côte d'Ivoire, est donc un produit attractif que nous avons eu l'honneur de présenter aux investisseurs du Golf lors de la campagne de Road-show que nous avons mené du 14 au 19 novembre en Arabie Saoudite », a ajouté la ministre notant que « La dernière révision à la hausse de la note souveraine de la CI de B1 à Ba3 par l'agence de notation Moody's a été un atout majeur dans cette campagne ».
Contrairement aux obligations conventionnelles, qui confèrent simplement la propriété d’une dette, le Sukuk accorde à l’investisseur une part d’un actif, ainsi que des flux de trésorerie et des risques proportionnés. En tant que tels, les titres Sukuk respectent les lois islamiques parfois appelées principes de la Charia, qui interdisent la facturation ou le paiement d’intérêts.