Afrique

L’UA salue le choix de la diplomatie pour régler les litiges frontaliers entre la Guinée, le Libéria et la Sierra Léone

- Pour l’Union Africaine, ce cas de règlement pacifique de conflit entre pays est un modèle à suivre sur le continent

Abraham Kwame  | 19.03.2026 - Mıse À Jour : 19.03.2026
L’UA salue le choix de la diplomatie pour régler les litiges frontaliers entre la Guinée, le Libéria et la Sierra Léone

Ankara

AA / Cotonou / Abraham Kwame

Le président de la commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Youssef a exprimé sa satisfaction après la décision de Conakry, Freetown et Monrovia d’opter pour la voie diplomatique pour régler leurs litiges frontaliers.

Dans un communiqué publié le 18 mars, Youssef rappelle que cette option faite par les trois pays lors de la rencontre des trois présidents le 16 mars à Conakry, est la voie à suivre conformément à l’Acte constitutif de l’Union africaine et le Pacte de non-agression et de défense commune de l’organisation continentale.

« Le Président de la Commission salue l’esprit de coopération, de bon voisinage et de respect de la stabilité régionale partagée dont ont fait preuve les trois États membres de l’Union africaine, ayant permis cette avancée significative. Cette étape importante illustre la pertinence durable des solutions africaines aux défis africains et réaffirme les principes du règlement pacifique des différends entre États membres, » lit-on dans le communiqué de l’UA.

Pour le président de la commission de l’UA, l’accord conclu entre les trois pays est un exemple à suivre dans la prévention et de résolution des conflits sur le continent. Le chef de la commission de l’Union africaine salue une décision qui « renforce les fondements d’écosystèmes durables de paix, de sécurité et de développement dans la région du fleuve Mano ».

Le 16 mars 2026, le Chef d’Etat Guinéen, le général Mamadi Doumbouya a organisé à Conakry un sommet extraordinaire de l’Union du Fleuve Mano, une organisation sous-régionale qui rassemble la Guinée, le Libéria, la Sierra Léone et le Côte d’Ivoire. Les président Joseph Boakaï du Libéria et le sierra léonais Julius Maada Bio y ont participé. De commun accord, les trois dirigeants ont décidé de privilégier les voies diplomatiques pour résoudre leurs différends frontaliers.

Dans un communiqué lu à l’issue des travaux, le ministre guinéen des Affaires Etrangères, Morissanda Kouyaté a indiqué que les Chefs d’Etats réaffirment leur volonté à apporter une réponse diplomatique aux différends qui les opposent à propos de la gestion des espaces frontaliers. Ils ont reconnu que les récents incidents liés à ces conflits ont exacerbé les tensions entre les communautés de part et d'autre des frontières. Morissanda Kouyaté a précisé qu’au cours des travaux, les trois dirigeants ont prôné le retour au calme et à une coexistence pacifique.

« Les trois chefs d’État ont réitéré leur attachement indéfectible aux principes de souveraineté, d’inviolabilité des frontières et d’intégrité territoriale », a déclaré le chef de la diplomatie guinéenne.

Plus concrètement, ils ont décidé de faire des patrouilles et des opérations frontalières conjointes. Les trois pays se sont aussi entendus pour le partage régulier de renseignements et d'informations sécuritaires. Conakry, Freetown et Monrovia ont également convenu d’élaborer des mécanismes de communication rapide entre les autorités locales et les forces de sécurité.

A l'occasion du sommet, les présidents ont également donné des instructions aux services techniques chargés des questions frontalières pour œuvrer à la stabilisation des zones sensibles et de favoriser le dialogue entre les communautés riveraines.

Avant le sommet de l’Union du Fleuve Mano lundi, le président guinéen avait ordonné durant le weekend, le déploiement de militaires pour protéger les frontières du pays.

Dans la soirée du 16 mars, à l’issue de ce sommet extraordinaire, le chef d’état-major général des armées guinéennes a annoncé à travers un communiqué, l’allègement progressif du dispositif militaire déployé dans les zones frontalières.

Depuis le mois de février, des tensions persistent à certaines des frontières que la Guinée partage avec le Libéria et la Sierra Léone.

Conakry dénonçait la violation de son territoire par ses voisins. Des accusations rejetées par les deux pays. Chacun soutient de son côté, que c’est plutôt les militaires guinéens qui ont fait des incursions sur leur territoire.

La Côte d’Ivoire, le quatrième pays membre de l’Union du Fleuve Mano, a également participé au sommet avec la présence d’une délégation conduite sa ministre des Affaires Étrangères, Kaba Nialé. Cette rencontré a été convoquée par le général Mamady Doumbouya qui est le président en exercice de cette organisation sous-régionale.

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