Esma Ben Said
15 Novembre 2017•Mise à jour: 16 Novembre 2017
AA/Conakry/Boussouriou Bah
Le chef de l'Etat guinéen Alpha Condé, président en exercice de l'Union africaine (UA), a exprimé mercredi sa préoccupation face à "ce qui apparaît comme un coup d'Etat" au Zimbabwe et a demandé le rétablissement de l’ordre constitutionnel, indique un communiqué de la Présidence guinéenne.
"L'Union africaine exprime sa grande préoccupation face à la situation qui se déroule au Zimbabwe, où manifestement des soldats tentent de prendre le pouvoir par la force", indique le texte de la présidence guinéenne dont Anadolu a reçu copie.
L'UA "condamne avec la plus grande fermeté ce qui apparaît comme un coup d'Etat et réitère son soutien total aux institutions légales du pays", exigeant "immédiatement le rétablissement de l’ordre constitutionnel et appelle toutes les parties prenantes à faire preuve de responsabilité et de retenue, afin d’assurer le respect des vies humaines, des libertés fondamentales et de l’intégrité du Zimbabwe'', poursuit le document.
Et d’ajouter : ''l’Union africaine demande instamment aux militaires de mettre un terme immédiat à leur action et de se soumettre à la légalité constitutionnelle''.
Mercredi matin, l'armée zimbabwéenne a démenti les informations sur un coup d'Etat militaire dans le pays qui se sont propagées à la suite des mouvements, depuis la veille, des unités militaires dans la capitale Harare et ses environs.
Une déclaration de l'armée, diffusée par la chaîne de télévision de l’Etat « ZBC », a toutefois précisé que ces manœuvres n'étaient "pas un coup d'Etat" et que le président Robert Mugabe et sa famille, étaient en sécurité.
Aucune information n’a été communiquée concernant l’endroit où se trouvent actuellement le président et son épouse Grace Mugabe mais d’après un communiqué du président sud-africain Jacob Zuma, "Mugabe est en résidence surveillée, mais il va bien".
Le mouvement militaire de mardi est survenu un jour après la décision du chef de l'armée, Constantino Chiwenga, d'intervenir pour arrêter "la purge sans précédent contre des fonctionnaires de haut rang au sein du parti au pouvoir de l'Union nationale africaine du Zimbabwe, la Zanu-PF, ayant participé à guerre de libération en 1970".
La semaine dernière, Emmerson Mnangagwa, le vice-président de la Zanu-PF, a été licencié et remplacé par Grace, l’épouse du président Mugabe.
Ce licenciement a amené le chef de l’armée Constantino Chiwenga à intervenir, s’attirant ainsi des accusations de "trahison" de la part de la Zanu-PF.