AA/ Conakry/ Boussouriou Bah
Deux semaines après sa réouverture, la mosquée sénégalaise située en plein cœur de la capitale guinéenne Conakry, est prise d’assaut par des milliers de fidèles sénégalais et guinéens, heureux de prier ensemble, durant le Ramadan, dans l’un des lieux de cultes les plus prisés du pays.
Femmes, enfants, jeunes et vieux sont venus en nombre pour assister à la prière du vendredi. Avec une capacité d'accueil de 750 places, la mosquée située dans la commune de Kaloum, a pourtant reçu, cette fois, plus de 2. 000 fideles musulmans, dont un hôte de marque, le président guinéen Alpha Condé, et quelques hauts cadres de son admnistration, a constaté Anadolu.
Il y a trois mois, les autorités guinéennes avaient dû fermer la Mosquée, objet de discorde entre les deux communautés dont l’origine est une crise d’imamat survenue entre les autochtones guinéens et les allogènes sénégalais, propriétaires de la mosquée.
La Mosquée, édifiée il y a 96 ans par la communauté sénégalaise de la capitale guinéenne (et la seule qu'ils possèdent) a réouvert ses portes, grâce à des manifestations conjointes de milliers de fidèles et l'implication du gouvernement pour calmer les esprits.
"Il est regrettable qu'il y ait des disputes entre deux pays frères autour de cette Mosquée, mais désormais, je vous promets de veiller à la cohésion entre les deux communautés", a déclaré le président à l'issu de la prière de vendredi dernier.
Un geste du président Alpha Condé aussitôt salué par la communauté sénégalaise.
"C’est un sentiment de bonheur, nous sommes réconfortés que le président de la République soit venu ici, à la mosquée sénégalaise, annoncer la paix entre les deux communautés", s’est réjouit Doudou Bangoura, porte-parole de communauté sénégalaise rencontré par Anadolu.
"Comme vous le savez la mosquée a traversé des moments difficiles à cause des querelles de personnes pour l’imamat. Ça s’est répercuté sur les rapports entre les deux communautés. Pourtant nos peuples partagent tout, l’histoire, la géographie. On dit même que le Sénégal et la Guinée, ceux sont deux poumons dans un même corps’’, regrette t-il.
"Cette polémique doit être un lointain souvenir. On doit mettre en avant l’islam pour que les musulmans puissent prier dans la paix surtout durant ce mois saint. Nous avons demandé à tous les ressortissants sénégalais de faire table du passé", a-t-il assuré.
Depuis la réouverture, Guinéens et Sénégalais assistent ensemble, chaque jours aux différentes prières de la mosquée. Ce sont 6.000 personnes, environ, à être inscrits chez les services consulaires du Sénégal en Guinée, selon Doudou Bangoura, "encore que ceux qui résident ici de façon permanente et continue ne doivent pas dépasser les 3. 000 personnes" se presse-t-il de nuancer.
"Chaque jour au cours du Ramdan, la mosquée est pleine", indique Doudou Bangoura. La Mosquée a par ailleurs recouvré peau neuve grâce à la communauté sénégalaise.
Rénovée, elle possède deux salles de prières,(dont une pour les femmes), des bureaux, un logement pour l'imam, des bureaux pour l’administration de la mosquée, une salle de conférence, des toilettes bien appropriées, des coins d’ablutions pour hommes et pour femmes, une morgue climatisée, une terrasse en haut pour les cérémonies, détaille Bangoura.
Pour lui, "cette mosquée s’ouvre avec un nouvel élan de paix et de démocratie entre les communautés guinéennes et sénégalaises. Elle va contribuer à unir davantage les deux communautés autour de la religion musulmane’’, assure-t-il.