Safwene Grira
05 Octobre 2015•Mise à jour: 06 Octobre 2015
AA/ Conakry/Oumar M'boh/ Boussouriou Bah
Des affrontements entre partisans du pouvoir et des militants de l'opposition ont fait un mort et des dizaines de blessés dans la plus grande ville du sud du pays ce week-end, à quelques jours de la présidentielle, a appris Anadolu de sources officielles et locales.
"Au total, nous avons enregistré 29 personnes blessées dont 7 dans un état grave, 13 arrestations et de nombreuses boutiques vandalisées suite aux affrontements" entre les militants du RPG arc en ciel (parti au pouvoir) et ceux de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, principale formation politique de l’opposition), a déclaré le Préfet de N'Zérékoré, Aboubacar M’bopp Camara.
Ce bilan annoncé lors d’une rencontre qui a regroupé une vingtaine de chefs de quartiers, des responsables de partis politiques et des représentants des confessions religieuses, a pourtant été revu à la hausse par l’ONG humanitaire Alima qui a évoqué, dimanche soir dans un communiqué, 80 blessés et un décès.
Un calme précaire règne, lundi matin, dans la ville sous contrôle d’un service mixte police-gendarmerie appuyé par les militaires, après l'imposition, la veille par le Préfet, d'un couvre-feu de 18H00 à 06H00 "jusqu'à nouvel ordre".
Ces heurts qui ont éclaté vendredi, pour se poursuivre jusqu'à dimanche à N'Zérékoré, interviennent alors que le candidat sortant Alpha Condé est en campagne dans la région, à quelques jours de l'élection présidentielle du 11 octobre. Pareils affrontements avaient été observés le 20 septembre dernier, entre les partisans de Condé et ceux de son principal challenger Cellou Dalein Diallo, à Koundara dans le Nord du pays. Une quinzaine de personnes avaient alors été blessés, selon des sources hospitalières.
Ces tensions sont symptomatiques d'une "atmosphère de campagne extrêmement tendue" selon la Mission d'observation électorale de l'Union européenne, dans un communiqué publié dimanche et dont Anadolu a eu copie. Jeudi dernier, les 7 candidats de l'opposition avaient demandé un report du scrutin présidentiel afin de permettre à l’Institution électorale (CENI) de corriger quelques anomalies, une requête refusée par le pouvoir.