Khartoum : la police fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants
- Devant le palais présidentiel, après que des manifestants aient tenté d'atteindre le portail sud du Palais, selon le correspondant de l'Agence Anadolu.
Sudan
AA / Khartoum
La police soudanaise a fait usage de gaz lacrymogène, dimanche, pour disperser des manifestants devant le palais présidentiel à Khartoum.
Les manifestants ont tenté d'atteindre le portail sud du palais présidentiel, mais la police les a repoussés, à coup de bombes sonores et de gaz lacrymogène, selon le correspondant de l'Agence Anadolu.
Les manifestants ont réagi par des jets de pierres et des tentatives de rendre les bombes lacrymogènes en direction de la police.
Les manifestants ont également démoli les barrières érigés par la police et traversé les deux ponts du "Nil blanc", reliant la ville de Khartoum à Omdourman, à l'ouest de la capitale soudanaise et d'"Al-Manshiya" reliant Khartoum à la ville "Orientale" pour arriver au centre-ville de Khartoum.
Plus tôt, dimanche, des milliers de personnes ont manifesté dans la capitale soudanaise, pour exprimer leur refus de l'accord politique signé entre le commandant de l'armée Abdelfattah al-Borhane et le chef du gouvernement Abdallah Hamdouk, appelant au retour du pouvoir civil démocratique.
Les manifestants, qui portaient les drapeaux nationaux, ont scandé des slogans dénonçant les mesures prises par les militaires le 25 octobre dernier et l'accord signé le 21 novembre 2021.
Des témoins oculaires ont fait savoir à l'Agence Anadolu que les manifestants sont sortis de plusieurs localités soudanaises.
La veille, les forces de l'ordre ont fermé la plupart des ponts du gouvernorat de la capitale, ainsi que le boulevard de l'Aéroport par des obstacles en béton et des fils barbelés.
Les forces de sécurité se sont déployés depuis tôt le matin, dimanche, dans le centre de Khartoum, afin d'empêcher l'infiltration des manifestants dans les environs du quartier général de l'armée.
Auparavant, "Les Brigades de la résistance" et le "Rassemblement des professionnels" et autres organisations politiques avaient appelé à des manifestations massives à Khartoum et autres villes du pays, pour exprimer leur refus de l'accord politique signé entre Al-Borhane et Hamdouk et rétablir un pouvoir civil entier.
Ces appels ont été lancés pour commémorer le troisième anniversaire du déclenchement des protestations le 19 décembre 2018 ayant gagné tout le pays, jusqu'à la chute du commandant militaire Omar al-Bachir, le 11 avril 2019.
Ainsi, depuis le 25 octobre dernier, le soudan connaît des protestations refusant les mesures exceptionnelles, dont un état d'urgence, la dissolution des Conseil transitoires de la souveraineté et des ministres, le limogeage du chef du gouvernement Abdallah Hamdouk, ainsi que l'interpellation de plusieurs leaders de partis politiques et des responsables.
Lesquelles mesures ont été qualifiées de "coup d'Etat" par certaines puissances politiques.
Le 21 décembre dernier, Al-Borhane et Hamdouk avaient signé un accord permettant le retour de ce dernier à son poste, la mise en place d'un gouvernement de compétences, la libération des détenus politiques et l'engagement des deux parties à œuvrer ensemble pour un rétablissement du processus démocratique.
Cependant, des parties politiques et civiles avaient refusé l'accord, le qualifiant de tentative de "légitimation" du coup d'Etat, promettant de poursuivre les protestations jusqu'au retour d'un pouvoir civil entier.
