Malek Jomni
17 Décembre 2020•Mise à jour: 17 Décembre 2020
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L'Organisation internationale "Human Rights Watch" (HRW) a déclaré, jeudi, que les autorités égyptiennes imposaient une punition collective aux détenus de la prison al-Aqrab (Scorpion), au Caire.
L'Organisation de défense des droits de l'Homme basée à New York a écrit dans un rapport, que les services de sécurité avaient apporté, depuis mi-novembre, des modifications à la prison en question.
La prison al-Aqrab est une prison de torture notoire à Helwan, au sud du Caire, en Egypte. Elle accueille les prisonniers politiques et les opposants au gouvernement, notamment les dirigeants des Frères musulmans et du Mouvement des jeunes du 6 avril, ainsi que des militants politiques. Toutefois, les autorités ont nié, à plusieurs reprises, toute violation des droits de l’homme à l'encontre des détenus.
Le rapport indique que les prisonniers étaient presque entièrement privés d'aération, d'électricité et d'eau chaude outre le fait qu'ils soient déjà interdits de visites, depuis mars 2018 et de sport, depuis 2019.
Les 700 à 800 détenus de la prison al-Aqrab étaient exposés à de graves violations qu'on peut qualifier de "punition collective", selon le rapport.
Il a expliqué que les droits des détenus de la prison al-Aqrab étaient violés en raison du manque d'éclairage, de l'absence de dispositions humaines pour dormir et avoir un minimum d'hygiène, ainsi que du manque d'espace et d'aération.
Selon la même source, citant le directeur adjoint pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Human Rights Watch, Joe Stork : "Il semble que les autorités égyptiennes imposent une punition collective à des centaines de prisonniers de la prison Scorpion, après les avoir isolés du monde pour près de trois ans."
Poursuivant: "Les conditions n'y sont pas en conformité avec les droits des prisonniers, ce qui en fait un centre de torture."
Stork a appelé les autorités égyptiennes à traiter sérieusement la situation des détenus pour qu'ils ne soient pas privés de leurs droits fondamentaux.
Les autorités égyptiennes n'ont, quant à elles, émis aucun commentaire sur ce qui a été rapporté par l'Organisation internationale. Cependant, elles affirment, généralement, leur respect des droits des prisonniers ainsi que leur attachement à l'application de la loi, aux dispositions de la Constitution et aux pactes internationaux.
*Traduit de l'arabe par Malèk Jomni.