Afrique

Guerre au Tigré: l'Ethiopie envisage de poursuivre le TPLF en justice pour terrorisme

- Lors d'un point de presse organisé par le ministre de la justice éthiopien, Gideon Timothy

Hamdi Moussa   | 23.11.2020
Guerre au Tigré: l'Ethiopie envisage de poursuivre le TPLF en justice pour terrorisme

Ethiopia

AA/Addis-Abeba

L'Éthiopie a annoncé, lundi, son intention de poursuivre en justice les dirigeants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), pour "rébellion" et "terrorisme" suite aux affrontements armés qui ont éclaté dans la région du Tigré, dans le nord du pays.

C'est ce qui ressort d'une conférence de presse conjointe du ministre éthiopien de la Justice Gideon Timothy et du porte-parole de la cellule de crise mise sur pied par le gouvernement, Redwan Hussein.

Le ministre éthiopien a déclaré que l'attaque du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) menée contre l'armée nationale est une violation de la constitution et une trahison de la patrie, assurant que ses dirigeants seront traduits devant la justice pour crimes terroristes surtout après leurs attaques à la roquette contre la région d'Amhara (au nord).

Pour sa part, Hussein a affirmé que la capitale de la région du Tigré, Mekele, au nord de l'Éthiopie, était complètement assiégée, tout en rappelant qu'un ultimatum de 72 heures a été posé aux dirigeants de la région dissidente du Tigré, pour déposer les armes.

Il a également appelé habitants de la région à la vigilance et à ne pas se laisser emporter par les flots de la propagande du TPLF, qui, par ses attaques, a endommagé l'aéroport et les routes de la ville d'Aksoum.

De son côté, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed avait posé, dimanche, un ultimatum de 72 heures aux dirigeants de la région dissidente du Tigré, cible d'une offensive militaire, "dernière chance" pour eux de se rendre, en les menaçant qu'ils sont arrivés à un point de non-retour.

L'armée éthiopienne a également annoncé, dimanche, son intention d'encercler la ville de Mekele, (contrôlée jusqu'à présent par les rebelles), avec des chars en menaçant de recourir à l'usage de l'artillerie lourde afin de mettre fin à la guerre qui dure depuis environ 3 semaines.

Des directives ont été communiquées aux civils pour les dissocier de la junte.

Le 4 novembre, des affrontements armés ont éclaté entre l'armée éthiopienne et le "Front de libération du peuple du Tigré" dans la région.

Le Front de libération a dominé la vie politique en Éthiopie durant près de 3 décennies, avant l’arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed en 2018, devenant ainsi le premier chef du gouvernement du pays issu de l'ethnie "Oromo".

Les '"Oromos " sont la plus grande ethnie en Éthiopie avec 34,9% de la population. Les Tigréens de leur côté, sont la troisième plus grande ethnie et représentent 7,3 % de la population totale du pays.

La région, se considérant marginalisée, s’est séparée alors de la coalition au pouvoir d’Abiy Ahmed en organisant, en septembre dernier, des élections locales que le gouvernement d'Addis-Abeba juge illégales. Les élections ont été reportées suite à la propagation de la pandémie du coronavirus.


*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi

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