Nadia Chahed
11 Avril 2017•Mise à jour: 11 Avril 2017
AA/ Kinshasa/ Joseph Tsongo
Danseurs burundais, rwandais et congolais se sont donnés rendez-vous à Goma, dans l'est de la RDC, durant trois jours pour célébrer la paix et braver tous les clivages qui alimentent les conflits persistants dans la région des Grands Lacs.
Réunis dans le cadre des journées diocésaines des jeunes (journées diocésaines des jeunes JDJ ), organisées du 7 au 9 avril par l'église catholique congolaise, ces danseurs se sont adonnés à leur passion, réunissant autour d'eux près de 15 mille spectateurs issus des différents groupes ethniques, leur faisant, au passage, oublier leurs différends.
Un ballet interculturel a, d'ailleurs, été formé pour la circonstance, réunissant des danseurs des trois pays.
Le spectacle offert par ce ballet a été un moment d'apothéose selon des jeunes participants.
"Nous avons tous été surpris de voir un garçon congolais de la communauté Nande, présenter les danses des Hutu et Tutsi rwandais et des danseurs de ces tribus bondir au rythme majestueux de « Munde », la danse traditionnelle des Nande congolais", a déclaré à Anadolu, Patrick un jeune congolais.
Contexte idéal pour consacrer la paix et rapprocher les populations, pour les uns, le festival est considéré par d'autres comme un moyen de "brader les spécificités culturelles" de chaque tribu.
"Le patrimoine culturel est vendu", déplorent certains, à quoi d'autres répliquent que "la généralisation de tels spectacles permettra de mettre fin à tous les conflit".
D'autres encore reconnaissant que la rencontre a, certes, permis de rapprocher les jeunes de tout bord, n'excluant, toutefois, point une reprise des animosités dès la fin du festival.
Pour l’abbé Alberto Rodriguez, l’aumônier de la pastorale des jeunes de Goma, ce spectacle est d’une importance capitale pour la normalisation des relations inter-communautaires dans la région des grands-lacs.
Réunir ainsi des jeunes des trois pays, prépare les populations à avancer vers la réconciliation, la tolérance et le compréhenison mutuelle, relève-t-il encore.
La région des Grands-Lacs connait depuis plusieurs années des conflits et des guerres interethniques, opposant les différentes communautés de la région, sur des questions de terres et ou de méfiance de nationalité.