Lassaad Ben Ahmed
31 Janvier 2019•Mise à jour: 31 Janvier 2019
AA / Tunis
La capitale burkinabè, Ouagadougou, abrite le 5 février le 5e sommet ordinaire des chefs d’Etat des pays du G5 Sahel, à savoir le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad.
C’est ce qui ressort du compte rendu du Conseil des ministres du Burkina Faso tenu le mercredi 30 janvier, sans donner plus de détails à ce propos.
A l’ordre du jour de sommet, seront évoquées les questions relatives à la sécurité au Sahel africain, l’opérationnalisation des forces conjointes et le développement de la région, selon les médis locaux, citant une source au secrétariat permanent de la force G5 Sahel.
En prélude de ce sommet, un comité d’experts du secrétariat permanent du G5 Sahel a entamé, jeudi, des préparatifs à Ouagadougou. Cette réunion préparatoire devra se poursuivre jusqu’au vendredi 1er février, a rapporté le journal en ligne « lefaso ».
Elle sera suivie de la réunion du conseil des ministres des cinq pays, (regroupant les ministres des AE, de la Défense et de l’Economie) dès le 3 février pour préparer les éventuelles décisions à prendre lors du sommet des chefs d’Etat.
Cette session ordinaire de la force conjointe se tient dans un contexte sécuritaire tendu, marqué notamment par la recrudescence de la violence. Le Burkina Faso, en particulier, a été secoué par une douzaine d’attaques terroristes au cours du mois de janvier, provoquant la mort de plusieurs dizaines de personnes parmi les civils, les forces militaires et de sécurité.
Le Mali a également été ciblé par plusieurs attaques terroristes, dont la plus violente a eu lieu le 20 février, coûtant la vie à 10 Casques bleus tchadiens dans la localité d’Aguelhok, au nord-est du Mali.
La région fait face, par ailleurs, à des violences intercommunautaires. Le 1er janvier 2019, un village peul (Koulogon) a été attaqué par des chsseurs dozos, faisant 37 morts, tous des civils. Le jour même, 46 civils ont été tués à Yergou au centre du Burkina, lors d'une attaque attribuée à un groupe terroriste.
L'insécurité touche également plusieurs villages du sud du Niger et du Tchad, ce qui empêche ces pays à prospérer au niveau économique, selon les analystes.
Pour rappel, le dernier sommet de la force conjointe du G5 Sahel a eu lieu au début du mois de décembre 2018 à Nouakchott, en Mauritanie. Lors de ce sommet, les chefs d’Etat ont a dopté un programme de développement prioritaire, considérant le progrès économique et humain comme vecteur de stabilisation et de lutte contre la précarité et le terrorisme, non moins important que la dimension sécuritaire.
La force du G5Sahel a été créée en février 2014 par 5 pays du Sahel africain, à savoir, le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie et le Tchad, en vue de lutter contre le terrorisme et le crime organisé dans la région.
Au départ la force avait une vocation purement militaire, avec le déploiement à terme de 5000 soldats qui auront pour mission de lutter contre le terrorisme et le crime organisé.
En février 2018, à l’occasion d’un sommet regroupant une vingtaine de pays à Bruxelles, la force est parvenue à obtenir des engagements de l’ordre de 414 millions d’euros. Lors du sommet de Nouakchottdes projets totalisant plus de 2 milliards d'euros ont été retenus pour toute la région.