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France/Opération Barkhane : Le Sénat demande des comptes sur la stratégie du gouvernement

- Au cours d’un débat parlementaire auquel ont participé la ministre des armées, Florence Parly, et le chef de la diplomatie, Jean-Yves Le Drian

Fatma Bendhaou   | 09.02.2021
France/Opération Barkhane : Le Sénat demande des comptes sur la stratégie du gouvernement

France

AA/Nice/Feïza Ben Mohamed

Les sénateurs français souhaitent « comprendre la stratégie du gouvernement pour la période à venir » concernant l’opération Barkhane au Sahel, a fait savoir ce mardi, le président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées au sénat, Christian Chambon.

Au cours d’un débat parlementaire auquel ont participé la ministre des armées Florence Parly et le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian, le point a été fait sur le déploiement des forces françaises au Sahel.

« Savoir si 600 soldats vont ou non quitter Barkhane n'apporte pas totalement la réponse que nous attendons; nous souhaitons avant tout comprendre la stratégie du gouvernement pour la période à venir » a déclaré Christian Chambon dès le début du débat.

Il a estimé que « compte tenu » de l’ « engagement et du prix » payé par la France, le pays est en droit d’attendre « des progrès sur la voix de la réconciliation nationale malienne ».

Au moment de sa prise de parole, le sénateur Pierre Laurent a pour sa part déploré que « les leçons des guerres menées au nom de l'anti-terrorisme ne (soient) pas tirées ».

Il a ensuite été appuyé en ce sens par son collègue, le sénateur Olivier Cigolotti qui a noté qu’il « s'avère souvent plus facile de trouver des financements pour faire la guerre, que pour rétablir la paix ».

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s’est quant à lui attelé à plaider en faveur de l’engagement français au Sahel.

« Il y a une forme d'amnésie qui conduirait à penser que ce qui se passe au Sahel n'est pas notre affaire » a-t-il regretté, soulignant qu’en « 2012, le Mali était au bord de l'effondrement ».

Il a assuré que « le sommet de Pau ( sommet qui a eu lieu le 13 janvier 2020 entre la France et les pays du G5-Sahel, NDLR) a été le sommet du sursaut militaire » et espéré que celui « de N’Djamena doit être celui du sursaut diplomatique ».

Pointant des « discours anti-français qui n’étaient pas clairement démentis par certaines autorités des pays du G5 Sahel » la ministre des armées considère que ces prises de position ont offert « un véritable boulevard pour Daech ».

« Daech au Sahel est fortement entravé même s'il conserve encore une capacité de régénération importante (...) Il convient de noter que depuis janvier 2020, plus aucune attaque d'ampleur n'a été commise » a-t-elle martelé, pour appuyer la légitimité de la présence française dans la zone.

Selon Florence Parly, « d’autres nations sont prêtes à s’engager » auprès du G5 Sahel après avoir « compris que la stabilité du Sahel était la clef pour la sécurité européenne ».

Ce débat parlementaire avait lieu alors que la France a essuyé de lourdes pertes durant les fêtes de fin d’année avec la mort de cinq soldats dans des attentats revendiqués par le GSIM (Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans).

Ces récentes attaques meurtrières ont ravivé les nombreuses critiques sur le maintien des troupes françaises au Sahel.

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