Esma Ben Said
17 Décembre 2017•Mise à jour: 17 Décembre 2017
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L’ONU a donné son feu vert à la Russie pour livrer des armes à l’armée centrafricaine, a appris dimanche Anadolu de sources médiatiques concordantes.
Moscou avait adressé en début de semaine une requête au conseil de sécurité des Nations-Unies, où elle demandait une exemption à l’embargo imposé à ce pays depuis 2013, afin de pouvoir équiper les soldats centrafricains, en réponse à une demande formulée par les dirigeants centrafricains de lui fournir des armes pour deux unités en cours de formation par l'Union européenne.
D’après le site « Voa Afrique », qui cite un diplomate sous couvert de l’anonymat « le feu vert a été donné (…) au terme d'un long processus d'accord rompu à plusieurs reprises par les Occidentaux qui ont demandé davantage d'informations à Moscou ».
Avant de se prononcer, Washington, Paris et Londres avaient notamment réclamé à Moscou des mesures renforcées de stockage de ces armes en Centrafrique et de les identifier précisément avec des numéros de série, selon des sources diplomatiques, poursuit le même média.
« Notre seule demande est que la délégation russe fournisse les numéros de série des armes données au Comité chargé de contrôler l'embargo, comme ça on pourra suivre les armes entrant en Centrafrique », avait indiqué en début de semaine, un responsable américain sous couvert d'anonymat, ajoute « Voa ».
« C'est une demande raisonnable et qui souligne l'importance de bien prendre en compte ensemble la protection physique, le contrôle et la sécurité des entrepôts, ainsi que la gestion des armes et munitions remises », précise le responsable.
D’après des sources concordantes, une première livraison d’armes devraient commencer dès lundi. Deux autres livraisons sont prévues les 1er février et 1er avril.
La première livraison comprend 900 pistolets Makarov, 5 200 fusils d’assaut AKM, 140 armes de précision, 840 kalachnikovs, 270 lance-roquettes RPG et 20 armes anti-aériennes.
Moscou veut équiper au total deux bataillons comprenant 1.300 hommes.
Cette initiative intervient alors que le gouvernement centrafricain a entamé depuis la mi-novembre la mise en place de préfectures et sous-préfectures à travers le pays, en coopération avec la mission onusienne de sécurisation de la Centrafrique (Minusca).
Cette démarche vise à renforcer l’autorité de l’Etat, face à une recrudescence de la violence entre groupes armés depuis quelques mois.
Elle intervient, également, à la suite de la décision par le Conseil de sécurité de prolonger d’une année, le 15 novembre, la mission de la Minusca et le renforcement de ses effectifs par 900 hommes supplémentaires.
La Centrafrique est secouée depuis quelques mois par des affrontements armés similaires à ceux qu'a connus le pays en 2013 et qui avait causé la mort de milliers de personnes et contraint des dizaines de milliers de musulmans à l’exil, selon l’Organisation des Nations Unies.