Lassaad Ben Ahmed
23 Avril 2018•Mise à jour: 24 Avril 2018
AA / Beni / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Une journée ville morte a été largement suivie, lundi, à Beni dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), après une semaine entière de multiples exactions de rebelles ougandais des forces démocratiques alliés (ADF) dans la région, a-t-on appris de sources locales.
A l’initiative de la société civile locale, l’appel "a été largement suivi, excepté pour les marchands des produits périssables", a déclaré à Anadolu Georgette Masika, membre du Bureau de la société civile du territoire de Beni frontalier avec l’Ouganda.
Les rebelles (ADF …Ndlr), "ont tué la semaine dernière, une dizaine de civils dont 5 commerçants samedi, des agriculteurs, des chauffeurs etc. (…) nous pensons que la patience a franchi ses limites", s’est indignée la responsable.
"Tous les commerces ont fermé y compris les écoles, le transport est assez difficile à trouver, la ville est fantôme", a témoigné Joël Kaleta, étudiante dans cette ville.
"Nous planifions des actions de grande envergure pour réclamer l’existence de l’Etat dans ce territoire oublié", s’est emporté le président des Forces vives de Beni, Gilbert Kambale joint par Anadolu.
A la suite de ces tueries, les transporteurs exerçant sur l’axe Beni-Kasindi ont déclenché une grève, a rapporté Kambale.
Cet axe, sur lequel plusieurs embuscades ont été tendues la semaine écoulée, est le plus fréquenté par des habitants de Beni qui s'approvisionnent à partir de l'Ouganda.
Les forces vives paralysent Beni au moment où l’armée poursuit son offensive, lancée depuis janvier contre les rebelles ADF.
Il s’agit pour cette armée classée dixième en Afrique par Global Fire Power - un media américain spécialisé sur les questions de défense - de la dernière offensive contre ces rebelles retranchés dans l’Est congolais depuis plus de 20 ans.
Vendredi, la Mission onusienne en RDC (Monusco) a annoncé apporter son soutien à l'armée congolaise contre les ADF depuis lundi, notamment avec des hélicoptères pour pilonner leurs sanctuaires.
Opposés au président ougandais Yoweri Museveni, les ADF sont accusés d’avoir tué à l’arme blanche un millier de civils depuis 2014.
A cela s’ajoute un robuste assaut contre une base de l’ONU en décembre dernier dans cette région, faisant 15 morts et plusieurs dizaines de blessés dans les rangs des Casques bleus tanzaniens.