İlkay Güder,Nur Asena GÜLSOY
23 Octobre 2017•Mise à jour: 24 Octobre 2017
AA – Ankara – Nur Gülsoy
Ceux qui ont permis l'existence des meurtriers, fournissent maintenant des armes aux organisations terroristes , a déclaré le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan.
Le chef de l'État a prononcé un discours durant la commémoration du quatorzième anniversaire du décès d'Aliya Izzetbegovic, lundi au palais présidentiel à Ankara.
Erdogan a rappelé que la Turquie lutte contre Daech, soulignant cette organisation terroriste n'a pas de lien avec l'Islam.
«Ceux qui n'ont pas vu l'atrocité vécue en Bosnie, sont maintenant aveugles face aux événements dans l'État d'Arakan, n'est-ce pas?, s'est interrogé Erdogan. Ceux qui se sont tus face au génocide à Srebrenica, sont muets aujourd'hui face au génocide à Alep, à Hama et à Gouta. Ceux qui ont alors autorisé les meurtriers, fournissent maintenant des armes aux organisations terroristes, leurs envoient 3 500 camions d'armes. On considérait les droits de l'Homme, la démocratie, la volonté nationale et les libertés comme un luxe pour les Bosniaques, et maintenant, pour les Syriens, les Palestiniens et les Libyens. Même si les oppresseurs et les opprimés changent, les spectateurs ne changent pas.»
Le président turc a aussi critiqué l'Europe, affirmant qu'elle est «morte en Bosnie et a été enterrée en Syrie».
«Les dépouilles des enfants innocents retrouvées sur les plages, représentent les pierres tombales de la civilisation occidentale, pour Erdogan. Les anciennes valeurs européennes ont été piétinées une par une par leur propres dépositaires, les sept dernières années. […] L'avenir de l'Europe qui piétine elle-même ses principes, est obscur.»
Il a appelé les dirigeants européens à «renoncer à viser la Turquie et à revenir à la bienveillance», ajoutant: «Faire grimper la xénophobie ne sera profitable à personne. Rêver du pouvoir via la tendance anti-Islam n'aboutira nulle part. Sans la Turquie, l'Europe ne se retrouvera que dans la solitude, l'impuissance et les différends internes.»
Le président a affirmé que son pays n'a pas besoin de l'Europe, mais qu'au contraire, «c'est l'Europe qui a besoin de la Turquie».
«Bien qu'ils [les pays européens] ne veulent pas le voir, la Turquie et son adhésion totale, sont le remède définitif aux problèmes devenus chroniques», a martelé Erdogan.
En outre, le président a souligné que «ceux qui pensent pouvoir coincer la Turquie à l'aide de menaces, ignorent leur propre passé historique».
«Nous ne renoncerons pas, a-t-il lancé. Nous ne céderons pas face aux scénarios et aux discours provocateurs de tels ou tels dirigeants. Nous abandonnerons ni notre fierté nationale ni nos objectifs stratégiques [pour l'adhésion totale].»
Rappelant qu'Aliya Izzetbegovic a mené une lutte déterminée pour son pays, Erdogan a salué son caractère «courageux» face à l'Occident, n'ayant pas fait de concession de ses traits musulmans.
«Il est autant noble qu'il a préféré mourir que de se pencher devant l'Occident ou de lui ressembler», a conclu le président, espérant que les accords de Dayton seront révisés pour résoudre les différends qui persistent.