AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre a ordonné ce lundi la liquidation judiciaire de la compagnie Air Antilles, entraînant l’arrêt immédiat de ses activités, après le rejet de l’ensemble des offres de reprise.
La juridiction a décidé de convertir la procédure de redressement judiciaire, dispositif visant à permettre la poursuite d’une entreprise en difficulté, en liquidation judiciaire, procédure qui met fin à l’activité et organise la vente des actifs pour rembourser les créanciers.
Cette décision intervient à l’issue d’une audience tenue la semaine précédente, au cours de laquelle les différentes propositions de reprise ont été examinées sans convaincre les juges.
Parmi elles, le projet porté par l’homme d’affaires Pierre Sainte-Luce, baptisé « Air Kalinago », prévoyait une relance partielle de l’activité avec un capital de six millions d’euros et des liaisons régionales au départ de la Guadeloupe. Le tribunal a toutefois estimé que cette offre, bien que structurée sur le plan industriel, se heurtait à des obstacles financiers et juridiques.
Le projet impliquait en outre une reprise limitée de l’effectif, avec seulement 14 salariés conservés dans un premier temps sur les 116 que compte la compagnie, assortie de créations d’emplois ultérieures.
Une autre proposition, émanant de la société Guyane Express Fly, ne portait que sur un actif spécifique, un avion de type ATR 42 avec équipage, sans reprise globale de l’activité.
Le tribunal a indiqué ne pas vouloir privilégier une cession partielle des actifs « au détriment de l’intérêt général et de la sauvegarde des emplois ».
La gestion de la fin d’activité est désormais confiée à l’administrateur judiciaire, tandis que la mandataire judiciaire est chargée de vérifier les créances et d’organiser le remboursement des différents créanciers.
Placée en redressement judiciaire en février 2026, Air Antilles n’a pas réussi à retrouver un modèle économique viable malgré plusieurs tentatives de reprise.
La compagnie, opérant des liaisons régionales dans les Antilles françaises, avait déjà fait l’objet d’une relance en 2023 avec un soutien financier public, dans un contexte de fragilité persistante du transport aérien régional.