Nadia Chahed
17 Février 2017•Mise à jour: 19 Février 2017
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
Le parti burundais au pouvoir CNDD-FDD a relevé que "d'énormes irrégularités" jalonnent l'organisation du dialogue inter-burundais en cours à Arusha en Tanzanie (16-18 février).
"Le CNDD-FDD constate avec amertume que d’énormes irrégularités émergent de l’organisation de cette session à travers l’invitation d’acteurs violents, ce qui est contraire à la lettre et à l’esprit des résolutions 2248 et 2279 du Conseil de sécurité des Nations Unies", relève le parti dans un communiqué, rendu public jeudi soir, et dont Anadolu a reçu copie.
Il estime, en outre, que de tels procédés "consacrent l’impunité" au Burundi, rappelant qu'il "s'inscrit en faux contre l’invitation d’individus sous des étiquettes de partis non agrées au Burundi en violation flagrante de la loi régissant les partis politiques".
Le CNDD-FDD réitère, par ailleurs, son appel aux compatriotes et aux politiciens non violents qui sont en exil à rentrer au pays pour "contribuer à la construction du Burundi et préparer dans la sérénité les prochaines élections prévues en 2020".
Il réaffirme enfin son attachement à la culture du dialogue "seule voie pour arriver à des solutions consensuelles constructives et durables".
Cette déclaration est faite alors qu'une délégation de ce parti se trouve depuis jeudi à Arusha pour participer aux pourparlers chapeautés par le facilitateur tanzanien, William Benjamin Mkapa.
Cette délégation compte entre autres, Evariste Ndayishimiye, Zénon Ndaruvukanye et Godéliève Nininahazw, a appris Anadolu auprès de sources sur place.
Selon les mêmes sources sont également présents à ces assises, des représentants de l'opposition radicale coalisée au sein du Conseil National pour le Respect de l’Accord d’Arusha pour la paix et la Réconciliation au Burundi et la Restauration de l’Etat de Droit ( CNARED), notamment Onésime Nduwimana, Pie Ntavyohanyuma, Jéremie Ngendakumana, Bernard Busokoza, William Munyembabazi et Marina Barampama.
Trois anciens présidents de la République burundaise: Pierre Buyoya, Domitien Ndayizeye et Sylvestre Ntibantunganya ainsi que des représentants de partis proches de Bujumbura sont également présents.
"Mécontent" de l'invitation par le facilitateur d'opposants "recherchés par la justice", le gouvernement a pour sa part annoncé mercredi qu'il allait boycotter ces assises.
S'exprimant devant la presse jeudi lors de la reprise des concertations à Arusha le facilitateur et ancien président tanzanien, William Benjamin Mkapa, s'est dit serein face à l'absence des autorités, rappelant que seuls les parts sont à même "d'aider à retrouver la paix".
L’assainissement du climat politique, le retour des réfugiés, la relance de l’économie burundaise, les relations diplomatiques ainsi que les sanctions qui pèsent sur Bujumbura, constituent les principaux points qui seront soulevés à l'occasion de ces pourparlers, a-t-il précisé.
Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza en avril 2015 pour un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet de la même année, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
Ces violences ont fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 386 000 personnes à fuir le pays, d'après un rapport de l’Office des Nations unies pour les réfugies(UNHCR) publié le 7 février 2017.