Mohamed Safwene Grira
16 Février 2017•Mise à jour: 17 Février 2017
AA/ Bujumbura/ Yvan Rukundo
Le gouvernement burundais a annoncé, mercredi à la veille du démarrage d'un nouveau round du dialogue politique, qu'il ne prendra pas part à ces assises au motif que des membres de l'opposition "radicale" y sont invités.
Le gouvernement a relevé "certaines irrégularités" pour ce qui concerne "l'établissement de la liste des invités". "Ainsi la présence des acteurs violents, notamment des putschistes [en référence au coup d'État avorté de mai 2015] recherchés par la justice parmi les éventuels invités empiète sur la souveraineté de la République du Burundi", dit un communiqué du gouvernement sur le dialogue inter-burundais prévu à Arusha (Tanzanie) du 16 au 18 février.
Plus tôt dans la journée, une vingtaine de partis politiques et d'associations pro-gouvernementaux avaient appelé les autorités à ne pas prendre part à ces assises, reprochant à la médiation d'avoir "mal identifié" les invités en convoquant des membres de l'opposition "radicale".
Mardi, cette opposition réunie au sein du Conseil National pour le Respect de l’Accord d’Arusha pour la paix et la Réconciliation au Burundi et la Restauration de l’Etat de Droit (Cnared), avait pourtant déclaré qu'elle ne prendra pas part à ces assises.
Le Cnared dépêchera néanmoins une délégation à Arusha pour demander le renforcement de la médiation avec une équipe de l'Organisation des Nations unies (ONU) et l'Union africaine (UA).
Le Cnared avait récusé, en décembre dernier, la facilitation de l'ancien président tanzanien Benjamin Mkapa mandaté en septembre dernier par la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE) pour trouver une issue pacifique à la crise burundaise.
Cette position est intervenue après que Mkapa a déclaré que le troisième mandat obtenu, en juillet 2015, par le président Pierre Nkurunziza, ne pouvait plus être remis en cause.
Le Burundi a sombré dans une grave crise, aux dimensions politique, sécuritaire et humanitaire, à partir d'avril 2015, quand une candidature de Pierre Nkurunziza à un nouveau mandat "anticonstitutionnel" a été annoncée.
Plus de 386 000 personnes ont fui le pays, depuis cette date, d'après l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR). La Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) a recensé, de son côté, plus de 1 000 morts, 8 000 détenus et 300 à 800 disparus.