Nadia Chahed
28 Février 2019•Mise à jour: 01 Mars 2019
AA/Tunis
L'insécurité persistante et croissante dans la région africaine du Sahel a contraint près de 2.000 écoles au Burkina Faso, au Mali et au Niger, à fermer leurs portes ou à cesser de fonctionner, a indiqué mercredi le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).
Le nombre d'établissements d'enseignement fermés de force ou qui n'offrent plus de cours s'est multiplié par deux depuis 2017, précise l'UNICEF dans un communiqué relayé sur le site de l'ONU.
Des menaces contre le personnel éducatif, des attaques contre des installations scolaires et l’utilisation d'écoles à des fins militaires ont perturbé l'éducation de plus de 400.000 enfants dans les trois pays et forcé 10.050 enseignants à ne pas travailler ou à se déplacer à cause de la violence, précise la même source.
la Directrice exécutive de l’UNICEF, Henrietta Fore estime, dans le même communiqué, que "lorsque les enfants manquent l’école - en particulier en période de conflit - ils ne sont pas seulement incapables d’acquérir les compétences nécessaires pour bâtir des communautés prospères et en paix, ils deviennent également vulnérables aux formes d'exploitation horribles, notamment les abus sexuels et le recrutement forcé dans des groupes armés".
"Trop souvent, les enfants sont les principales victimes des conflits et leurs écoles - autrefois des lieux sûrs pour apprendre - deviennent des zones de violence", a déploré pour sa part Gordon Brown, Envoyé spécial des Nations Unies pour l'éducation mondiale.
Brown a, en outre, souligné que pour "atteindre l’objectif de développement durable de l'éducation universelle d'ici 2030, tous les enfants, les 75 millions de personnes dont l'éducation est perturbée en raison d'un conflit ou d'une crise - y compris de ceux tragiquement piégés dans le chaos du Sahel - doivent avoir droit à l'éducation".
Les gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont tous adhéré à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, s'engageant à protéger et à poursuivre l'éducation dans les conflits armés, rappelle l'ONU.
L’UNICEF s’est dit, de son côté, déterminé à travailler avec les autorités éducatives et les communautés pour soutenir les possibilités d’apprentissage alternatif, notamment l’apprentissage radiophonique et les initiatives d’apprentissage confessionnel, afin que les enfants puissent continuer à apprendre où qu’ils soient.
Cette semaine, le gouvernement du Burkina Faso a adopté une nouvelle stratégie pour la protection et la poursuite de l'éducation dans les zones de grande insécurité. Cette stratégie comprend la préparation de programmes pour aider les enfants dont les écoles ont été fermées à rattraper leur retard, l’intégration des enfants déplacés dans les écoles ouvertes, le renforcement de la sécurité scolaire et la reconstruction d’écoles endommagées ou détruites, indique encore l'ONU.
En outre, un partenariat avec les gouvernements du Burkina Faso, du Cameroun et du Niger prévoit l’élargissement d’un programme novateur d’éducation grâce à la radio qui offre une plate-forme d’apprentissage alternative aux enfants et aux jeunes touchés par les crises. Les cours d'alphabétisation et de calcul sont diffusés à la radio en français et dans plusieurs langues nationales, rapporte la même source.
Et de poursuivre que ce programme est également en cours de déploiement en République centrafricaine, en Guinée Bissau, en Sierra Leone et en République démocratique du Congo.